Le Parlement hongrois a adopté lundi 13 juillet un amendement constitutionnel visant à mettre fin au mandat du président Tamás Sulyok, qualifié de « marionnette » de Viktor Orbán par le premier ministre Péter Magyar.
L’amendement constitutionnel en 12 points a été adopté par 139 voix pour et 6 contre, lors d’un vote boycotté par le parti nationaliste Fidesz de Viktor Orbán, qui dénonce une tentative d’instaurer « un régime autocratique ».
Un amendement adopté par 139 voix contre 6
Le dirigeant conservateur pro-européen, qui a remporté les élections législatives d’avril avec une majorité écrasante, a promis de démanteler « brique par brique » le système mis en place par son prédécesseur. À commencer par le président, qu’il a invité à démissionner à plusieurs reprises, sans succès.
Depuis les États-Unis, où il s’est rendu pour assister à la phase finale de la Coupe du monde de football, Viktor Orbán a appelé les Hongrois « à résister si le président est évincé de force », dans un message sur Facebook relayé par ses partisans.
Cinq jours pour quitter ses fonctions
Tamás Sulyok dispose désormais de cinq jours pour soit démissionner, soit signer l’amendement à la Loi fondamentale, a déclaré Péter Magyar, qui a promis d’engager une procédure de destitution si le président refuse de quitter ses fonctions.
L’amendement prévoit la fin du mandat de Tamás Sulyok dès le lendemain de son entrée en vigueur, puis l’élection d’un nouveau président pour une durée de cinq ans par le Parlement, où le parti Tisza de Péter Magyar détient la majorité des deux tiers des 199 sièges.
Une « désorbanisation » contestée
Avant le vote, Tamás Sulyok, 70 ans, a dénoncé une procédure qui « viole les principes d’État de droit ». L’amendement, présenté comme une mesure transitoire jusqu’à l’adoption d’une nouvelle Constitution, a été critiqué par des organisations de défense des droits de l’homme.
La décision du Parlement hongrois s’inscrit dans le mouvement plus large de « désorbanisation » engagé par Péter Magyar depuis sa victoire électorale d’avril 2026. Le nouveau premier ministre a fait de l’épuration du système hérité de Viktor Orbán sa priorité, en commençant par les institutions clés.
Viktor Orbán, qui a dirigé la Hongrie pendant seize ans avant sa défaite historique, a qualifié cette procédure de « coup d’État parlementaire » et appelle ses soutiens à se mobiliser. L’ancien dirigeant, en déplacement aux États-Unis, a promis de « défendre la démocratie hongroise ».
La Hongrie traverse une période de recomposition politique inédite depuis la chute du régime Orbán. Les nouvelles autorités, emmenées par Péter Magyar, poursuivent une stratégie de démantèlement des institutions héritées de l’ère illibérale, tandis que les partisans de l’ancien premier ministre dénoncent une dérive autoritaire. La destitution du président Sulyok constitue une étape symbolique forte dans ce processus.
Cette situation intervient alors que la Hongrie fait face à des défis économiques majeurs, entre inflation persistante et tensions avec Bruxelles sur l’État de droit. La communauté européenne observe avec attention ce virage politique à Budapest, qui pourrait redéfinir les équilibres politiques en Europe centrale.
