Vingt-cinq dirigeants internationaux sont réunis ce lundi 13 juillet à Paris pour un sommet de la coalition des volontaires en soutien à l’Ukraine. Volodymyr Zelensky a annoncé son arrivée en France, tandis que neuf pays européens lancent une coalition antimissiles inédite.
Une coalition antimissiles en formation
Volodymyr Zelensky est arrivé en France ce lundi 13 juillet pour participer au sommet de la coalition des volontaires, a-t-il annoncé sur ses réseaux sociaux. « Aujourd’hui, des discussions importantes auront lieu ici qui peuvent ouvrir des opportunités considérablement plus importantes pour l’Ukraine afin de renforcer ses défenses », a déclaré le président ukrainien. Vingt-cinq chefs d’État et de gouvernement sont attendus à Paris, à la veille du défilé du 14 juillet auquel plusieurs d’entre eux participeront. Cette coalition, lancée au printemps 2025 par le Royaume-Uni et la France, réunit une cinquantaine de pays engagés à fournir un soutien militaire et financier à long terme à Kiev, en dehors du cadre de l’OTAN.
Neuf pays européens, associés à l’Ukraine, ont créé à Paris une coalition qualifiée de « purement défensive » pour développer des capacités antibalistiques en Europe. L’objectif est de produire des systèmes capables d’intercepter les missiles russes qui frappent quotidiennement les infrastructures civiles et énergétiques ukrainiennes. « En mettant en commun notre base industrielle de défense, notre recherche et notre expérience opérationnelle, notre objectif est de bâtir une capacité partagée contre les missiles balistiques pour l’Europe. Cette action n’est orientée contre aucun peuple, mais en défense du nôtre », soulignent les signataires dans leur déclaration commune. Cette initiative vise à combler un vide capacitaire identifié depuis le début du conflit, alors que l’Ukraine subit des tirs de missiles balistiques russes que ses systèmes de défense actuels peinent à intercepter. Les pays participants mettent en commun leurs industries de défense et leurs programmes de recherche pour accélérer le développement de ces technologies.
Moscou dénonce et Londres s’engage
Le Kremlin a immédiatement réagi en dénonçant une « coalition de va-t-en-guerre », qualifiant « de profonde illusion » l’éventualité d’une défaite de la Russie. « Ces pays ne comprennent pas que toute tentative de vaincre la Russie sur le champ de bataille est vouée à l’échec », a commenté le porte-parole de la présidence russe. Moscou a par ailleurs convoqué lundi l’ambassadeur allemand, sans préciser la raison de cette convocation, dans un geste diplomatique interprété comme un signal de mécontentement envers les soutiens européens de l’Ukraine.
Le Royaume-Uni a annoncé parallèlement son accord pour participer au prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine accordé par l’Union européenne. « Cet accord contribuera à garantir que l’Ukraine obtienne le soutien dont elle a besoin pour se défendre contre l’agression russe, tout en soutenant les entreprises de défense britanniques, en préservant des emplois qualifiés et en renforçant notre sécurité nationale », a déclaré le Premier ministre britannique. Londres et Bruxelles se sont entendus pour que la Grande-Bretagne contribue à ce mécanisme de prêt, ce qui permettra à l’industrie de défense britannique de fournir davantage d’armements à Kiev. Ce prêt européen, garanti par les actifs russes gelés, constitue l’un des mécanismes de financement les plus ambitieux jamais mis en place pour un pays en guerre.
Ce sommet marque un « réveil stratégique » de l’Europe, selon plusieurs analystes, en ce qu’il associe des pays en dehors du cadre strict de l’OTAN pour coordonner le soutien militaire et financier à Kiev. Le défilé du 14 juillet, qui se déroule mardi sur les Champs-Élysées avec la présence de plusieurs dirigeants participants, offre un prolongement symbolique à cette démonstration de solidarité occidentale. Les besoins de l’Ukraine restent immenses alors que la guerre entre dans son trentième mois, avec des frappes russes quotidiennes sur les infrastructures énergétiques et civiles.
