Rakuten France, anciennement PriceMinister, fermera sa place de marche grand public d’ici a la fin de l’annee 2026. La direction invoque l’absence d’offre de reprise viable pour expliquer cette decision qui entraine la suppression de 180 postes.
Un processus de cession infructueux
La filiale francaise du groupe japonais Rakuten a officialise la fermeture le 16 juillet 2026 par l’intermediaire de l’Agence France-Presse (AFP). «Malgre les efforts deployes par le groupe pour mener a bien une cession de l’activite, les discussions approfondies menees avec les repreneurs potentiels n’ont pas permis d’aboutir a une solution viable», a declare la direction dans un communique. Quelque 180 salaries sont concernes par cet arret.
Depuis plusieurs mois, l’hypothese d’une fermeture faute de repreneur circulait. En avril 2026, Rakuten avait officialise la recherche d’un acquereur pour ses activites francaises, une demarche confirmee par Le Figaro a l’epoque.
Seize ans apres le rachat de PriceMinister
Rakuten avait acquis PriceMinister en 2010 pour environ 200 millions d’euros. Lance en 2001, le site figurait parmi les pionniers du commerce en ligne en France et occupait le troisieme rang du secteur, derriere Amazon et la Fnac. La plateforme a ete rebaptisee Rakuten en 2018.
A son apogee, PriceMinister pesait lourd dans le marche de l’electronique et des produits culturels d’occasion. Le systeme de cashback «Club R» n’a pas suffi a enrayer le declin de la plateforme face a la concurrence.
Une concurrence implacable
Rakuten France a subi de plein fouet la pression concurrentielle d’Amazon, qui impose des standards eleves en matiere de logistique, de catalogue et de delais de livraison. L’arrivee recente de Joybuy, plateforme du groupe chinois JD.com, a intensifie la guerre des prix sur le marche francais.
Le secteur de l’occasion, historiquement porteur pour PriceMinister, a progressivement ete grignote par des specialistes comme Vinted, Back Market et Le Bon Coin. Le marche francais constituait le dernier bastion europeen de Rakuten : le groupe avait deja ferme ses marketplaces au Royaume-Uni et en Autriche en 2016, en Allemagne en 2020 et en Espagne en 2016, avant une tentative de retour de courte duree en 2025.
Kobo et les activites preservees
La fermeture concerne uniquement la place de marche grand public. Le groupe Rakuten conserve des activites en France, notamment via les liseuses Kobo, rachetees en 2011. La maison-mere japonaise, fondee par Hiroshi Mikitani, reste un conglomerat present dans la banque, les telecommunications et le numerique.
Les acheteurs devront se tourner vers des alternatives pour leurs commandes futures. Les questions relatives aux garanties, au service apres-vente et aux Rakuten Points restent en suspens en attendant les modalites precises de la fermeture.
Un declin annonce
PriceMinister avait ete lance en 2001 par Pierre Kosciusko-Morizet dans un marche du e-commerce alors domine par les acteurs traditionnels. Le site s’etait rapidement impose comme une alternative aux grandes enseignes grace a un modele de place de marche mettant en relation vendeurs professionnels et particuliers.
Apres le rachat par Rakuten en 2010, la plateforme a beneficie des moyens du groupe japonais sans parvenir a endiguer l’erosion de ses parts de marche. Le rebranding de 2018, qui a fait disparaitre le nom PriceMinister au profit de Rakuten, a ete percu par certains observateurs comme un effacement d’une marque encore populaire aupres du grand public.
Un marche du e-commerce sous tension
La fermeture de Rakuten France illustre les difficultes du secteur de la vente en ligne en Europe. Les acteurs historiques doivent composer avec la domination ecrasante d’Amazon, dont la part de marche dans le e-commerce francais depasse les 30 %, et l’arrivee de nouveaux concurrents chinois comme Temu et Joybuy, qui misent sur des prix tres bas.
Selon les donnees de la Federation du e-commerce et de la vente a distance (Fevad), le marche francais du commerce en ligne a progresse de 9,6 % en 2025 pour atteindre 175 milliards d’euros. Mais cette croissance profite principalement aux plus grands acteurs, tandis que les places de marche de taille moyenne peinent a degager des marges suffisantes face a la guerre des prix et aux couts logistiques croissants.
