La startup General Compute, spécialisée dans l’inférence IA, a obtenu un prêt de 400 millions de dollars auprès du fonds d’investissement Upper90. Il s’agit de l’une des premières opérations de financement gagées sur des puces dédiées à l’inférence.
Fondée par Finn Puklowski, General Compute a bouclé en mai 2026 un tour de table de 15 millions de dollars en amorçage. L’entreprise développe un « neocloud », une infrastructure cloud conçue spécifiquement pour les charges de travail d’intelligence artificielle, autour des puces SN50 de SambaNova, un fabricant de semi-conducteurs soutenu par Intel.
Des puces dédiées à l’inférence
Contrairement aux processeurs graphiques (GPU) de Nvidia, qui servent aussi bien à l’entraînement qu’à l’inférence des modèles d’IA, les puces SN50 sont optimisées pour la phase d’inférence, celle où un modèle déjà entraîné exécute des prédictions. General Compute affirme que ses puces offrent un débit 16 fois supérieur à celui des clouds GPU pour ces tâches.
Un financement gagé sur le matériel
Le prêt accordé par Upper90, dirigé par Billy Libby (ancien trader quantitatif de Goldman Sachs), est gagé sur ces puces elles-mêmes. Libby avait déjà appliqué un schéma similaire en 2021 en finançant l’achat de GPU par le spécialiste des centres de données Crusoe. Depuis, ce type de financement adossé à du matériel s’est répandu, à la suite de l’introduction en Bourse de CoreWeave. Le même jour, un autre article de TechCrunch rapportait la fermeture de BP Ventures, suggérant un rééquilibrage des investissements corporate vers l’IA.
Le marché de l’inférence en pleine expansion
Le marché de l’inférence connaît un essor rapide. Des plateformes d’accès à des modèles ouverts comme OpenRouter et Fireworks ont levé des fonds à des valorisations élevées. De nouveaux fabricants de puces comme Groq et Cerebras suscitent l’intérêt des acquéreurs et des marchés publics. Parallèlement, des modèles comme le K3 du chinois Kimi rivalisent avec les derniers modèles d’Anthropic et d’OpenAI sur des benchmarks de code. La compétition mondiale s’intensifie alors que Pékin appelle à une coopération mondiale sur l’IA.
General Compute mise sur la diversification des sources d’approvisionnement en puces pour sortir de la dépendance à Nvidia. D’autres acteurs, comme TensorWave, font le même pari avec AMD. Selon Finn Puklowski, « en s’associant à Upper90, ce n’est pas simplement une startup qui trouve de l’argent pour acheter de la puissance de calcul. C’est le premier signal d’une réorganisation du capital et de l’éclatement de la domination monopolistique de Nvidia ».
L’opération illustre une tendance plus large du secteur : l’essor des modèles d’IA open source, moins coûteux à exécuter que les modèles propriétaires des laboratoires de pointe. Des plateformes comme OpenRouter et Fireworks, qui donnent accès à ces modèles ouverts, ont récemment levé des fonds à des valorisations élevées.
Ces 400 millions de dollars s’ajoutent à une série d’opérations de financement record dans le secteur de l’infrastructure IA. La semaine dernière, le fabricant de puces concurrent Etched a atteint une valorisation de 5 milliards de dollars. Dans le même temps, Microsoft forme ses équipes commerciales à promouvoir ses propres modèles face à ceux d’OpenAI et d’Anthropic, confirmant l’intensification de la concurrence sur le marché de l’IA.
