Les médicaments anti-obésité Wegovy et Mounjaro seront remboursés à 65 % par l’Assurance maladie à compter du lundi 15 juin 2026. La prescription initiale reste réservée aux centres spécialisés de l’obésité (CSO), dans un cadre strict défini par plusieurs arrêtés publiés au Journal officiel le 28 mai.
Un million de patients potentiellement éligibles
Le remboursement concerne les patients adultes présentant un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 40 kg/m² sans comorbidité, ou un IMC égal ou supérieur à 35 kg/m² avec au moins une comorbidité. Selon le ministère de la Santé, environ un million de personnes pourraient être éligibles en France. L’administration nuance toutefois ce chiffre, qu’elle juge « probablement supérieur à la réalité ».
Le Wegovy (sémaglutide), commercialisé par le laboratoire danois Novo Nordisk, et le Mounjaro (tirzépatide), produit par l’américain Eli Lilly, appartiennent à la classe des analogues du GLP-1. Ces molécules, initialement développées contre le diabète de type 2, contrôlent la glycémie et favorisent la perte de poids en ralentissant la vidange gastrique et en agissant sur les centres de la satiété dans le cerveau.
La prise en charge est conditionnée à un régime alimentaire moins calorique et à une augmentation de l’activité physique. Ces contraintes figurent dans les arrêtés du 28 mai 2026, qui précisent que le remboursement pourra être suspendu en l’absence de résultats après plusieurs mois de traitement.
Une prescription encadrée par les centres spécialisés
La prescription initiale est réservée aux médecins exerçant dans les CSO. Les patients doivent présenter une ordonnance sécurisée et un formulaire de prise en charge spécifique. Le renouvellement pourra ensuite être assuré par le médecin traitant, dans le cadre d’un suivi coordonné entre la médecine de ville et l’hôpital.
Le service-public.fr indique que cette organisation vise à éviter un usage détourné de ces traitements, dont la popularité a explosé ces dernières années, notamment sur les réseaux sociaux. Aux États-Unis, où les analogues du GLP-1 sont largement prescrits, les autorités sanitaires ont alerté à plusieurs reprises sur les pénuries et les prescriptions hors cadre médical.
Le coût de cette mesure est estimé à 100 millions d’euros pour l’Assurance maladie en 2027, selon les projections du gouvernement. Ce montant inclut le prix des molécules, fixé par négociation entre le Comité économique des produits de santé (CEPS) et les laboratoires, ainsi que le suivi médical associé.
Un accès progressif dans les premières semaines
Dans l’immédiat, de nombreux patients devraient continuer à payer ces médicaments de leur poche. Le temps que les centres spécialisés absorbent les premières demandes, l’accès effectif au remboursement pourrait rester limité pendant plusieurs semaines, selon le ministère de la Santé. Les CSO, au nombre d’une trentaine sur le territoire, devront adapter leurs capacités de consultation.
Les arrêtés du 28 mai 2026 prévoient une réévaluation régulière du dispositif par la Haute Autorité de santé, en fonction des données d’usage et d’efficacité recueillies sur le terrain. Les associations de patients, qui saluent cette avancée, appellent à un renforcement des moyens alloués aux CSO pour garantir un accès équitable sur l’ensemble du territoire.
