Santé publique France a recensé 5 764 décès en excès pendant l’épisode caniculaire qui a frappé le pays entre le 17 juin et le 2 juillet. Il s’agit d’une surmortalité jamais observée depuis la canicule historique de 2003.
L’agence sanitaire a publié ce bilan mercredi 22 juillet, après avoir consolidé l’ensemble des remontées, y compris les certificats de décès sous format papier qui n’avaient pas été pris en compte dans les premières estimations. Jusqu’alors, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, avait fait état d’au moins 2 025 décès supplémentaires pour la seule période du 22 au 28 juin, sur la base des seuls certificats électroniques.
Cette surmortalité a concerné toutes les classes d’âge à partir de 15 ans, avec une augmentation marquée dès 45 ans, un phénomène jugé inédit par l’agence sanitaire. Les 75 ans et plus représentent 3 719 décès en excès, selon Guillaume Boulanger, directeur de la santé environnementale de SPF. La surmortalité s’est concentrée sur trois jours : les 25, 26 et 27 juin.
92 départements en vigilance canicule
Avec 92 départements placés en vigilance canicule entre le 17 juin et le 2 juillet, 98,5 % de la population hexagonale a été touchée par cette vague de chaleur d’une intensité exceptionnelle. En Île-de-France, 1 999 décès en excès ont été enregistrés. Suivent le Grand Est (635), les Pays de la Loire (553), le Centre-Val-de-Loire (511), la Nouvelle-Aquitaine (445) et la Normandie (426). Les Hauts-de-France comptent 424 décès, la Bourgogne-Franche-Comté 373, la Bretagne 225 et l’Auvergne-Rhône-Alpes 214. Seules la Corse, l’Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur ne sont pas concernées par cet excès de mortalité, précise SPF.
Un niveau inédit depuis 2003
Cette surmortalité est la plus élevée en France depuis la canicule de 2003, qui avait causé près de 15 000 décès. En 2020, 1 932 décès en excès avaient été recensés. L’agence sanitaire souligne que l’offre de soins a largement évolué en vingt ans, tout comme la pyramide des âges, mais que l’impact de cet épisode reste très élevé. Le ministère de la Santé a indiqué que les comptes définitifs seront établis à la fin de l’été.
Selon Franceinfo, confirmé par l’AFP, le réchauffement climatique rend ces épisodes de chaleur extrême plus fréquents et plus intenses. Depuis le XIXe siècle, la température moyenne de la Terre s’est réchauffée de 1,3 °C, une hausse attribuée aux activités humaines consommatrices d’énergies fossiles. Les scientifiques prévoient une augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur dans les années à venir. L’épisode de juin 2026 s’inscrit dans une tendance de long terme, avec des canicules arrivant plus tôt dans la saison et couvrant des territoires jusqu’alors épargnés.
Un impact sur les plus vulnérables
Si les personnes âgées restent les plus touchées, l’agence sanitaire alerte sur l’augmentation marquée de la mortalité chez les 45-74 ans, une tranche d’âge habituellement moins vulnérable aux fortes chaleurs. Sur les 5 764 décès en excès, environ 1 400 concernent des personnes âgées de 15 à 74 ans. Ce phénomène inédit interroge les autorités sanitaires sur l’adaptation des politiques de prévention face à des canicules de plus en plus intenses et précoces dans l’année.
Des records de température battus
L’épisode caniculaire de fin juin a battu plusieurs records de température en France. Le 27 juin, 39 °C ont été enregistrés à Paris et plus de 40 °C dans plusieurs villes du Sud. Sur les 92 départements placés en vigilance, 42 ont été classés en alerte rouge canicule, un niveau jamais atteint pour un mois de juin. Météo-France a souligné le caractère exceptionnel de cet épisode par sa précocité, son intensité et sa durée, avec des températures nocturnes supérieures à 25 °C dans une grande partie du territoire.
Le bilan de Santé publique France ne prend pas en compte les décès survenus lors des épisodes de canicule de juillet, qui pourraient alourdir le décompte. Le ministère de la Santé a promis une évaluation complète à la fin de l’été, incluant l’analyse des facteurs de risque et des circonstances précises de ces décès.
