Le réchauffement climatique d’origine humaine atteint désormais 1,37 °C et progresse au rythme de 0,27 °C par décennie. À cette vitesse, le seuil de 1,5 °C fixé par l’accord de Paris sera franchi autour de 2030, selon une étude internationale publiée le 11 juin dans la revue Earth System Science Data.
Un thermomètre qui grimpe de 0,27 °C par décennie
Un consortium de 73 chercheurs issus de 56 institutions dans 17 pays a livré, mercredi 11 juin, la mise à jour annuelle des indicateurs clés du changement climatique. Leurs conclusions, publiées dans la revue scientifique Earth System Science Data, confirment une accélération constante du phénomène.
Le réchauffement attribuable aux activités humaines s’établit à 1,37 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Il augmente de 0,27 °C par décennie, un rythme qui n’a jamais été aussi élevé depuis le début des relevés modernes.
« La planète accumule de la chaleur à un rythme sans précédent », indique le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans un communiqué accompagnant la publication de l’étude. Celle-ci inclut, pour la première fois, un indicateur dédié aux vagues de chaleur marine.
Le déséquilibre énergétique de la Terre, c’est-à-dire la différence entre l’énergie solaire absorbée et l’énergie renvoyée vers l’espace, a également atteint un niveau record, selon les données compilées par le consortium.
Trois ans de budget carbone restant
Au rythme actuel des émissions mondiales de gaz à effet de serre, le budget carbone permettant de limiter le réchauffement à 1,5 °C avec une probabilité de 50 % sera épuisé d’ici trois ans environ, préviennent les auteurs de l’étude.
Le rythme du réchauffement d’origine humaine a presque doublé depuis 2015, année de la signature de l’accord de Paris, précise une analyse publiée parallèlement dans Geophysical Research Letters. Sur la dernière décennie, la planète se réchauffe au rythme le plus rapide jamais enregistré.
Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), le dépassement temporaire du seuil de 1,5 °C n’annule pas la nécessité de réduire les émissions. Limiter l’ampleur et la durée de ce dépassement reste un enjeu central pour éviter les points de basculement climatiques les plus sévères.
Le cadre de l’accord de Paris en 2015
L’accord de Paris sur le climat, signé par 195 pays en décembre 2015, fixait un objectif de limitation du réchauffement « bien en dessous de 2 °C » par rapport aux niveaux préindustriels, avec une cible plus ambitieuse à 1,5 °C.
Un second objectif, à 2 °C, reste théoriquement accessible mais nécessiterait des réductions d’émissions nettement plus rapides que celles engagées à ce jour par les États signataires.
Le consortium international publie ces indicateurs chaque année depuis 2023. La mise à jour de juin 2026 est la première à qualifier le dépassement de 1,5 °C d’« inéluctable » dans un horizon de quelques années si la trajectoire des émissions mondiales ne s’infléchit pas de manière significative.

Les données de juin 2026 confirment des tendances observées depuis plusieurs années par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Le sixième rapport d’évaluation du GIEC, publié en mars 2023, estimait déjà que le seuil de 1,5 °C serait probablement atteint entre 2030 et 2035.
L’étude du 11 juin affine ces projections avec des données actualisées. Le consortium précise que chaque fraction de degré supplémentaire aggrave les conséquences : élévation du niveau des mers, intensification des événements météorologiques extrêmes et perturbation des écosystèmes.
En 2025, la température moyenne mondiale a temporairement dépassé 1,5 °C lors de plusieurs mois, une première dans l’histoire des relevés, selon l’Organisation météorologique mondiale. Les chercheurs du consortium distinguent toutefois ces épisodes ponctuels de la moyenne de long terme qui définit le seuil de l’accord de Paris.
