Du 15 au 17 juin 2026, Évian-les-Bains accueille le sommet du G7 sous un dispositif de sécurité qualifié d’inédit par le ministère de l’Intérieur. Plus de 16 000 agents sont mobilisés pour protéger les chefs d’État et de gouvernement des sept grandes démocraties industrialisées.
Selon les données communiquées par les autorités françaises et confirmées par le canton de Genève, le dispositif mobilise environ 7 000 policiers, 6 000 gendarmes, 900 militaires, ainsi que 830 agents aux contrôles frontaliers côté suisse. La commune d’Évian, qui compte près de 9 000 habitants, voit ainsi ses effectifs de sécurité multipliés. Une habitante confiait à 20 Minutes : « Il y a plus de policiers que d’habitants. »
Des périmètres de sécurité stricts
Un double zonage a été instauré par la préfecture de Haute-Savoie. La zone rouge, autour de l’hôtel Royal Evian Resort, est interdite d’accès du 10 au 18 juin, sauf motif impérieux justifié. Une zone bleue, plus large et couvrant également les communes de Neuvecelle et Publier, nécessite un pass G7 nominatif avec QR code pour y pénétrer ou la traverser.
Sur le lac Léman, un rayon d’exclusion nautique de 2,2 kilomètres a été défini, avec plus d’une trentaine d’embarcations mobilisées pour la sûreté lacustre. La ligne régulière Évian-Lausanne est suspendue pendant toute la durée du sommet.
Des perturbations locales importantes
La gare d’Évian-les-Bains est fermée du 11 au 17 juin. Quelque 600 lycéens de la commune ont dû passer leurs épreuves du baccalauréat à Thonon-les-Bains, escortés par les forces de l’ordre. La circulation des poids lourds de plus de 19 tonnes est interdite dans la zone les 15, 16 et 17 juin, de 6 h à 22 h.
Le canton de Genève a déployé un important dispositif de son côté. Une ligne verte gratuite (0800 902 456) est ouverte au public de 11 h à 19 h jusqu’au 18 juin pour répondre aux questions des riverains. Plusieurs services administratifs genevois sont fermés ou fonctionnent en mode dégradé jusqu’au 17 juin inclus.
Une mobilisation contre le sommet à Genève
Le 14 juin, une manifestation d’environ 20 000 personnes s’est déroulée à Genève à l’appel de la coalition No-G7. Selon les autorités suisses, environ 600 individus appartenant à des groupes de type « black bloc » se sont dissimulés dans le cortège. La marche a été dispersée après des actes de vandalisme et des heurts avec les forces de l’ordre.
La maire d’Évian, Josiane Lei, a rappelé à 20 Minutes que la commune avait déjà accueilli le G8 en 2003 : « Le monde a changé et les moyens sont différents. Avant, on n’avait pas les drones, par exemple. » Elle souligne que la configuration géographique de la ville, entre lac et montagne, la rend « relativement facile à sécuriser ».
Le ministère de l’Intérieur a qualifié ce déploiement de « sans précédent » dans l’histoire des sommets internationaux organisés en France. Les chefs d’État des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon et de la France participent à ce sommet qui se tient jusqu’au 17 juin.
