Jack Dorsey, cofondateur de Twitter et de Block, a dévoilé mardi Buzz, un espace de travail collaboratif open source destiné à concurrencer Slack et GitHub. La plateforme intègre des agents d’intelligence artificielle comme membres à part entière des équipes de développement.
Développé par Block, la société de Jack Dorsey qui opère également Square, Cash App, Afterpay et Tidal, Buzz se présente comme une alternative décentralisée et auto-hébergeable aux outils de messagerie d’entreprise dominants. L’application utilise le protocole Nostr et ses relais pour garantir la souveraineté des données : chaque message, réaction ou événement Git constitue un événement signé dans un journal unique, offrant une traçabilité complète des actions.
L’interface de Buzz ressemble à celle de Slack, Mattermost ou Discord. La différence fondamentale réside dans le traitement des agents d’IA : ceux-ci sont considérés comme de véritables membres de l’équipe, disposant de leur propre identité, d’un historique dédié et de permissions individuelles. Les agents peuvent ouvrir des dépôts, envoyer des correctifs, réviser du code, exécuter des workflows, modifier des canevas et orchestrer d’autres agents, le tout dans un même espace de travail.
Pour ce faire, chaque agent dispose d’une identité propre et signe ses actions de manière individuelle. Il peut être invité ou révoqué d’un canal ou d’un projet sans affecter les autres membres, ce qui permet d’éviter les erreurs ou les problèmes de traçabilité liés à des permissions trop génériques. « La différence réside dans ce que les agents peuvent effectivement accomplir une fois intégrés », note le Readme du projet.
Buzz est présenté comme « agnostique en matière de modèle », « décentralisé », « auto-souverain » et « open source » par Jack Dorsey lui-même sur son compte X. Le projet exploite le protocole Nostr et sa logique de relais, une architecture qui garantit l’absence de point de défaillance unique et la portabilité des données entre instances.
Le lancement intervient dans un contexte de remise en cause de la domination de Slack, racheté par Salesforce en 2021 pour 27,5 milliards de dollars. Georgios Konstantopoulos, associé et CTO de Paradigm, a récemment dévoilé Centaur, un produit open source similaire qu’il décrit comme un « employé virtuel » capable d’opérer au sein de Slack ou via une API. Plusieurs startups explorent également des alternatives intégrant des agents IA natifs dans les outils de collaboration.
Le choix du protocole Nostr n’est pas anodin. Jack Dorsey est un partisan de longue date de ce protocole décentralisé, qu’il a déjà intégré dans d’autres projets. Nostr permet à Buzz de fonctionner sans serveur central, chaque relais pouvant être hébergé indépendamment. Cette architecture garantit l’absence de point de défaillance unique et la portabilité des données entre instances, un argument de poids pour les entreprises soucieuses de leur souveraineté numérique.
Pour Block, Buzz représente une diversification stratégique. La société est connue pour ses services financiers (Square, Cash App) et a acquis Afterpay en 2022 pour 29 milliards de dollars. Avec Buzz, Block investit le secteur des outils de développement et de la collaboration d’entreprise, un marché dominé par Microsoft (Teams), Salesforce (Slack) et Google (Workspace).
Le site de Buzz précise que le projet en est à ses « premiers stades » et déconseille un transfert complet des équipes pour le moment. La plateforme est accessible gratuitement sur buzz.xyz et son code source est ouvert, permettant aux équipes de l’héberger elles-mêmes et de l’adapter à leurs besoins spécifiques.
