Le piratage qui a paralysé Jaguar Land Rover (JLR) pendant des mois en 2025 et coûté 2,5 milliards de dollars à l’économie britannique est attribué à des hackers russes, rapporte le New York Times, cité par TechCrunch.
Une attaque aux consequences economiques majeures
En 2025, des pirates informatiques ont pris pour cible Jaguar Land Rover, l’un des plus grands employeurs du Royaume-Uni avec pres de 38 000 salaries, paralysant sa production pendant plusieurs semaines. L’attaque a interrompu les chaines de montage dans les usines britanniques et a l’etranger, plongeant le constructeur dans une crise sans precedent. Les systemes de production, les chaines d’approvisionnement et les reseaux informatiques ont ete touches, empechant toute fabrication de vehicules neufs pendant une duree prolongee.
Face a l’arret de production et a l’impact sur l’economie nationale, le gouvernement britannique a du degager une aide d’urgence de 1,5 milliard de livres (environ 2 milliards de dollars) pour sauver l’entreprise. Les chiffres officiels, compiles par Numerama en janvier 2026, ont confirme l’ampleur des degats : les ventes de JLR ont chute de plus de 43 % sur la periode. Selon L’Usine Digitale, le cout total du piratage pour l’economie britannique a atteint 2,19 milliards d’euros, soit environ 2,5 milliards de dollars.
L’attaque a envoye une onde de choc dans l’industrie automobile britannique, deja fragilisee par les transitions energetiques et les perturbations des chaines d’approvisionnement mondiales. Le groupe JLR, proprietaire des marques Jaguar, Land Rover, Range Rover et Defender, employait directement et indirectement des dizaines de milliers de personnes a travers le Royaume-Uni. Les usines de Solihull, Halewood et Castle Bromwich ont ete contraintes de cesser leur activite, interrompant la production de modeles phares comme le Range Rover et le Defender.
Des hackers russes identifies
Pendant des mois, l’identite des auteurs est restee inconnue. Le New York Times revele que les pirates a l’origine de l’attaque sont russes, citant des personnes proches de l’enquete. Il n’est toutefois pas etabli s’ils agissaient directement pour le compte du gouvernement de Vladimir Poutine, s’il s’agissait de criminels independants, ou si une forme d’approbation tacite etait en jeu. Cette distinction est au coeur des preoccupations des autorites britanniques, qui considerent la cybersecurite comme un enjeu de souverainete nationale.
Microsoft, qui suivait les activites du groupe de piratage russe, a alerte JLR sur l’identite des assaillants, rapporte le quotidien americain. L’entreprise de Redmond disposait de renseignements sur le groupe grace a ses equipes de threat intelligence, specialisees dans le suivi des acteurs malveillants etats-uniques et criminels. Le groupe aurait ete actif depuis plusieurs annees, ciblant des entreprises occidentales du secteur industriel et technologique.
Le timing de cette revelation intervient dans un contexte de tensions accrues entre la Russie et les pays occidentaux, ou les cyberattaques sont devenues un outil de pression geostrategique regulier. Le Royaume-Uni a renforce ses capacites de defense numerique depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, mais le piratage de JLR a montre les limites de ces dispositifs face a des attaquants determines.
Une enquete impliquant plusieurs agences
Les investigations ont mobilise plusieurs agences et entreprises de cybersecurite a l’echelle internationale. Le FBI, la National Crime Agency britannique, le National Cyber Security Centre (NCSC), l’unite Mandiant de Google et Palo Alto Networks ont tous contribue aux travaux d’enquete. Cette cooperation transatlantique reflete la gravite de l’attaque et ses implications geopolitiques, alors que les cyberattaques contre les infrastructures critiques et les grands groupes industriels se multiplient.
Dans un developpement rare mais pas inedit dans le monde de la cybersecurite, un pirate jordanien identifie sous le pseudonyme Rey avait egalement penetre les reseaux de JLR de maniere independante, selon le New York Times. Cette intrusion parallele illustre la complexite des menaces auxquelles sont confrontes les grands groupes internationaux, cibles de multiples acteurs simultanement.
Les enquetes se poursuivent pour determiner si les hackers russes agissaient pour le compte du Kremlin ou de maniere independante. Le gouvernement britannique n’a pas officiellement commente les revelations du New York Times.
