La France a fait fermer neuf structures présentées comme des « stations de police » chinoises opérant sur son territoire. La DGSI les avait recensées comme des relais non déclarés liés à des autorités locales chinoises.
Le sujet a été relancé le 17 juin 2026 par Le Monde, qui fait état de neuf structures pilotées depuis la Chine et fermées par les autorités françaises. La réponse du ministère de l’intérieur à une question écrite de la députée Constance Le Grip, publiée au Journal officiel le 3 juin 2025, confirme que la DGSI avait identifié neuf « stations de police » disposant de relais en France.
Europe 1, dans un article consacré aux ingérences chinoises, rapporte également que le contre-espionnage français a recensé neuf structures et que leurs responsables ont été convoqués. Les trois sources convergent sur le nombre de structures et sur l’intervention des autorités françaises.

Neuf structures recensées par la DGSI
Dans sa réponse parlementaire, le ministère de l’intérieur explique que ces structures ne sont pas déclarées auprès des autorités françaises. Il les décrit comme des « points de liaison » liés à des collectivités ou administrations locales chinoises, dont certaines relèvent de la police ou de tribunaux locaux.
Le ministère précise que ces relais rendent des services qui s’apparentent à ceux d’administrations publiques et qui devraient, en principe, relever de la coopération bilatérale. Il ajoute qu’ils peuvent aussi conduire des actions hors de ce cadre, notamment de la collecte de renseignements sur la diaspora et des actions de répression transnationale.
La réponse officielle indique que la DGSI a identifié neuf structures disposant de relais en France. Europe 1 reprend le même chiffre et précise que les responsables des centres ont été sommés de mettre fin à leurs activités. Le dossier relève donc d’une procédure administrative et de contre-ingérence, telle qu’elle est décrite par les autorités françaises.
Des responsables convoqués par le contre-espionnage
Selon le ministère de l’intérieur, les services français ont engagé dès 2022 des mesures d’entrave pour faire fermer ces structures. Les responsables des centres ont été convoqués par la DGSI. Un représentant des services de renseignement chinois et deux diplomates de l’ambassade de Chine ont aussi été reçus par le contre-espionnage français.
Le ministère précise que ces interlocuteurs ont été enjoints à respecter les cadres de coopération bilatérale. Le ministère de la Sécurité publique chinois a également été mis en garde. Europe 1 indique, dans le même sens, que les responsables concernés ont été convoqués et que le système a ensuite été mis en pause.
Les éléments accessibles ne détaillent pas les lieux exacts des structures ni les suites judiciaires éventuelles. À ce stade, les informations confirmées portent sur le recensement de neuf relais, les convocations effectuées et la fermeture ou mise à l’arrêt des activités signalées.
Un dossier inscrit dans les ingérences étrangères
La question écrite de Constance Le Grip mentionne le rapport publié en 2022 par l’ONG Safeguard Defenders, qui avait alerté sur l’existence de postes de police chinois à l’étranger. La réponse ministérielle cite ce rapport et indique qu’il faisait état de 54 stations dans près de 21 pays.
Le ministère distingue toutefois ces structures de commissariats classiques. Il parle d’agents de liaison incarnés par des individus ou des associations désignés au sein de la communauté. Cette distinction ne retire pas, selon la réponse officielle, le caractère non déclaré des relais identifiés en France.
Le traitement du dossier intervient dans un cadre plus large de surveillance des ingérences étrangères. Les autorités françaises présentent les mesures prises comme une réponse au fonctionnement non déclaré de ces structures et à des activités échappant aux circuits de coopération reconnus entre Etats.
La France maintient le cadre diplomatique
Les sources consultées ne font pas état d’une rupture diplomatique liée à ce dossier. Elles décrivent une action menée par les services français auprès des responsables des relais, d’un représentant du renseignement chinois et de diplomates chinois.
La réponse parlementaire publiée en juin 2025 indique que la DGSI a constaté une mise en pause du dispositif après ces démarches. La suite du dossier dépendra des contrôles menés par les services compétents et des éventuelles nouvelles constatations sur le territoire français.
