Le gouvernement français a abaissé mardi 7 juillet sa prévision de croissance pour 2026 à 0,7 %, contre 0,9 % attendus jusqu’ici. Une révision annoncée par le ministre de l’Économie Roland Lescure lors d’une réunion du comité d’alerte des finances publiques, instance créée pour améliorer le pilotage budgétaire.
Cette nouvelle estimation place l’exécutif en ligne avec les prévisions de l’Insee, du Fonds monétaire international (FMI) et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui tablaient déjà sur une croissance de 0,7 % pour la France en 2026.
La Banque de France se montre plus pessimiste. Elle avait abaissé en juin sa propre prévision à 0,5 % du produit intérieur brut (PIB), contre 0,9 % auparavant. Cette projection n’intégrait toutefois pas l’accord intervenu peu après entre l’Iran et les États-Unis, susceptible de modifier la donne sur les prix de l’énergie au second semestre.
La croissance française avait atteint 0,4 % en 2024, puis 0,6 % en 2025 selon les données de l’Insee. L’économie nationale reste freinée par un contexte international dégradé, marqué par les tensions commerciales persistantes et les incertitudes géopolitiques qui affectent les chaînes d’approvisionnement et le commerce extérieur.
Le ralentissement de l’activité touche également plusieurs partenaires commerciaux de la France au sein de la zone euro, ce qui pèse sur les exportations françaises et limite les relais de croissance extérieure disponibles pour les prochains trimestres.
Dans ce contexte, le gouvernement table toujours sur une reprise progressive de l’activité, portée par le reflux attendu de l’inflation et la résilience du marché du travail.
Un premier trimestre inférieur aux attentes
Selon le ministère de l’Économie, la révision « tient compte d’un premier trimestre inférieur aux anticipations », d’un « deuxième trimestre qui devrait être marqué par les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l’activité » et « d’une approche prudente pour les troisième et quatrième trimestres ».
« Si le reflux de l’inflation observé en juin et la reprise de la consommation constituent des signaux encourageants, ils ne devraient vraisemblablement pas suffire à atteindre une croissance de 0,9 % sur l’ensemble de l’année », a précisé Bercy dans un communiqué. Roland Lescure a toutefois affirmé que le gouvernement restait « pleinement mobilisé pour soutenir l’activité et la croissance ».
Des conséquences budgétaires
Cette diminution de 0,2 point de pourcentage complique la trajectoire budgétaire du gouvernement. Une croissance plus faible signifie mécaniquement des recettes fiscales moins dynamiques, alors que la France est engagée dans un effort de réduction de son déficit public depuis plusieurs exercices.
L’exécutif vise un retour du déficit sous la barre des 3 % du PIB à l’horizon 2029, conformément aux règles budgétaires européennes. Cet objectif reposait en partie sur une hypothèse de rebond de la croissance dans les prochaines années, que la révision de mardi rend désormais plus incertaine.
Le comité d’alerte des finances publiques, devant lequel Roland Lescure s’est exprimé, a pour mission de surveiller les écarts entre les prévisions budgétaires et leur exécution. Il peut déclencher des mécanismes de correction si les dérapages sont jugés excessifs par rapport à la trajectoire définie en loi de finances.
Deuxième révision en trois mois
Il s’agit de la deuxième correction apportée par l’exécutif à sa trajectoire de croissance en 2026. Mi-avril, le gouvernement avait déjà abaissé sa prévision de 1 % à 0,9 %, tout en revoyant à la hausse celle de l’inflation, en raison de la guerre au Moyen-Orient.
La révision de mardi confirme la dégradation du contexte économique depuis le début d’année, avec une croissance qui peine à retrouver son rythme d’avant-crise. L’évolution des prévisions aura des conséquences directes sur l’élaboration du budget 2027, dont la préparation doit débuter dans les prochaines semaines au sein des cabinets ministériels concernés.
