L’Insee table sur une croissance de 0,7 % pour 2026 et un chômage à 8,4 % en fin d’année. Les PME françaises, dont le tissu économique se fragilise, subissent le contrecoup de la hausse des prix de l’énergie et du ralentissement général.
Dans sa note de conjoncture publiée mercredi 17 juin, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dresse un tableau contrasté de l’économie française. La croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait atteindre 0,7 % sur l’ensemble de l’année 2026, un chiffre inférieur aux prévisions antérieures. Les deux derniers trimestres de l’année ne devraient pas dépasser 0,1 % de croissance chacun, selon l’institut, qui écarte toutefois le scénario d’une récession.
Le Monde souligne que le ralentissement de la croissance fragilise le tissu économique des PME françaises. Confrontées à la hausse des prix de l’énergie, à l’inflation qui se diffuse dans les produits manufacturés et à un pouvoir d’achat des ménages en baisse, les petites et moyennes entreprises voient leurs marges se comprimer. Plusieurs fédérations patronales ont alerté sur le risque de défaillances en chaîne si la conjoncture ne s’améliore pas au second semestre.
« Les prix de l’essence vont un peu s’apaiser avec l’accord qui a été trouvé, mais la hausse passée des prix de l’énergie va se diffuser au prix des produits manufacturés et au prix du transport aérien », explique Dorian Roucher, responsable du département de la conjoncture de l’Insee. « Les salaires n’augmentent donc pas et le pouvoir d’achat va se comprimer. »
Les ménages sont les premières victimes de cette conjoncture. « Ce sont les ménages qui paient la facture, contrairement à 2022 où ils avaient été en partie protégés par des mesures de la part du gouvernement. Là, on a des mesures ciblées, pas de mesures générales », ajoute Dorian Roucher. Selon l’Insee, la majeure partie du coût de la crise énergétique est supportée par les ménages, contrairement aux épisodes précédents où des boucliers tarifaires avaient amorti le choc.
La confiance des consommateurs s’effondre de dix points depuis février et renoue avec les niveaux de 2022. La consommation est en panne, en raison notamment de la flambée des prix du carburant entre janvier et avril. La part des ménages qui réduisent leurs dépenses de déplacement bondit de près de dix points sur la période. Le Smic a été relevé de 2,4 % début juin pour tenir compte de l’inflation, sans empêcher la dégradation du moral des ménages. Les ventes de voitures électriques sont en nette hausse, portées par des acheteurs qui cherchent à réduire leur dépendance au pétrole.
Côté industriel, la situation est plus contrastée. Les raffineurs et les chimistes profitent de la mise hors-jeu de leurs concurrents du Golfe, ce qui stimule la production française et européenne au deuxième trimestre. Le secteur aéronautique et naval connaît une forte dynamique, tant sur le plan civil que militaire. Un autre effet conjoncturel joue en faveur de l’industrie : pour se couvrir contre les hausses de prix ou les pénuries, les clients des verriers et des plasturgistes ont multiplié leurs commandes.
Mais les industriels qui produisent davantage n’embauchent pas pour autant. Le marché du travail se dégrade et le taux de chômage devrait remonter à 8,4 % à la fin de l’année, selon les prévisions de l’Insee. L’institut prévoit une fin d’année morose, avec une croissance limitée à 0,1 % aux troisième et quatrième trimestres, mais écarte la menace d’une récession. Les PME, elles, restent en première ligne face à la persistance des tensions économiques, sans filet de sécurité comparable à celui dont ont bénéficié les grands groupes lors des crises précédentes.
