L’Algérie et le Mali ont annoncé vendredi 11 juillet la réouverture réciproque de leurs espaces aériens et le retour de leurs ambassadeurs respectifs, après quinze mois de brouille diplomatique. Cette décision met fin à une crise ouverte au printemps 2025 après la destruction d’un drone malien près de la frontière commune.
Des annonces simultanées de part et d’autre
Bamako a décidé « la réouverture de l’espace aérien national à l’ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols en provenance ou à destination » de l’Algérie, a indiqué le gouvernement malien dans un communiqué. Il a en outre annoncé le retour à Alger de son ambassadeur, rappelé en avril 2025, sans toutefois préciser de date. Quelques heures plus tôt, Alger avait fait part de la même mesure relative à l’espace aérien malien, effective dès ce vendredi 11 juillet. La mesure « inclut tous les vols aériens à destination et en provenance du Mali à travers les différentes destinations internationales », a précisé le ministère algérien de la Défense. (Le Figaro, avec AFP, 11 juillet 2026)
Kamel Retieb de retour à Bamako
À l’instar du Mali, l’Algérie a également annoncé le retour de son ambassadeur au Mali. Kamel Retieb, qui était en poste à Bamako avant qu’Alger ne le rappelle après la destruction du drone malien en avril 2025, reprendra ses fonctions d’ambassadeur, a déclaré le ministère algérien des Affaires étrangères. (Le Figaro, avec AFP, 11 juillet 2026)
Une crise diplomatique de quinze mois
Les relations entre les deux pays s’étaient fortement dégradées depuis l’arrivée au pouvoir de la junte malienne après deux coups d’État en 2020 et 2021. Alger, qui avait joué un rôle central dans la négociation de l’accord de paix de 2015 entre Bamako et les groupes armés du nord, a vu son influence remise en cause par les nouvelles autorités, qui accusaient l’Algérie d’ingérence. La crise s’est aggravée au printemps 2025 après la destruction d’un drone militaire malien près de la frontière commune. L’Algérie a affirmé que l’appareil avait violé son espace aérien, le Mali soutenant qu’il se trouvait sur son territoire. L’incident a provoqué le rappel des ambassadeurs, la fermeture réciproque des espaces aériens et des échanges d’accusations entre Alger et les pays de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger). (Le Figaro, avec AFP, 11 juillet 2026)
La question saharienne en toile de fond
Les tensions ont par ailleurs été alimentées par l’annonce en avril 2026 du soutien du Mali au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, une position opposée à celle de l’Algérie, qui appuie le Front Polisario indépendantiste. Malgré ces divergences, les deux pays restent liés par une longue frontière et des enjeux sécuritaires communs, notamment la lutte contre les groupes djihadistes actifs dans le Sahel. Le Mali est confronté depuis 2012 à une crise sécuritaire nourrie par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. (Le Figaro, avec AFP, 11 juillet 2026)
Un contexte régional complexe
Cette détente intervient dans un contexte régional où l’Algérie cherche à sortir de son isolement diplomatique au Sahel. Le même jour, les autorités algériennes et nigériennes ont également acté la reprise complète de leurs relations diplomatiques, avec le retour des ambassadeurs dans les deux capitales. Le Premier ministre algérien s’est rendu à Niamey fin juin, déclarant que « la sécurité de l’Algérie est la sécurité du Niger et la sécurité du Niger est la sécurité de l’Algérie ». (Jeune Afrique ; RFI, juillet 2026)
La réouverture des espaces aériens et le retour des ambassadeurs constituent le premier signe concret de détente entre les deux voisins depuis l’incident d’avril 2025. Le calendrier précis du retour des deux ambassadeurs à leurs postes respectifs n’a pas encore été communiqué. (Le Figaro, avec AFP, 11 juillet 2026)
