L’inflation aux États-Unis a ralenti plus fortement que prévu en juin, revenant à 3,5 % sur un an après 4,2 % en mai, selon les données publiées mardi 14 juillet par le département du Travail américain. Sur un mois, l’indice des prix à la consommation (CPI) a reculé de 0,4 %, porté par la baisse marquée des prix de l’essence sur l’ensemble du territoire américain.
Le reflux a dépassé les anticipations des analystes. Les économistes interrogés par Reuters tablaient sur un ralentissement plus modeste, à 3,8 % sur un an. La baisse mensuelle de 0,4 % a également surpris par son ampleur, le consensus ne prévoyant qu’un recul de 0,1 %. En mai, le CPI avait déjà baissé de 0,5 % sur un mois. L’indice avait atteint 4,2 % en mai, son plus haut niveau depuis trois ans, dans le sillage de la hausse des prix du pétrole provoquée par les frappes américaines contre l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz.
L’inflation sous-jacente excluant l’alimentation et l’énergie a conforté la tendance au ralentissement. Sur un mois, elle est ressortie stable à 0,2 %, conformément aux attentes. En rythme annualisé, elle s’établit à 2,6 %, contre 2,9 % en mai et un consensus de 2,8 %. Ce niveau se rapproche de l’objectif de 2 % fixé par la Réserve fédérale. Les prix des services hors énergie ont progressé modérément, tandis que les biens durables ont continué de se replier, signe d’un assouplissement des tensions sur les chaînes d’approvisionnement.
La baisse des prix à la pompe a été le principal moteur de la décélération de l’indice. Selon l’agence AFP, citée par Connaissance des Énergies, le recul du prix de l’essence a permis de freiner l’inflation en juin. Cette accalmie sur le front énergétique contraste avec les cinq mois précédents, marqués par la flambée des cours du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient. Le prix du baril de Brent était redescendu autour de 83 dollars en juin après un pic à plus de 100 dollars au printemps, offrant un répit temporaire aux consommateurs américains.
Ces chiffres interviennent dans un contexte géopolitique toujours tendu. Le 13 juillet, Donald Trump a annoncé la mise en place d’un péage maritime sur le détroit d’Ormuz, où le trafic s’est effondré. L’Iran avait proclamé la fermeture du détroit la veille, nouvel épisode d’une escalade qui dure depuis juin. Ces tensions pèsent sur les prix du pétrole et pourraient alimenter de nouvelles pressions inflationnistes dans les mois à venir, malgré l’accalmie observée en juin. Les analystes estiment que l’évolution du conflit déterminera en grande partie la trajectoire de l’inflation au second semestre 2026.
Ce ralentissement de l’inflation offre une marge de manœuvre à la Réserve fédérale. Kevin Warsh, nommé par Donald Trump à la présidence de la Fed en juin, doit arbitrer entre la nécessité de contenir l’inflation et les pressions politiques pour desserrer la politique monétaire. La Fed avait maintenu ses taux directeurs stables lors de sa réunion de juin, tout en mettant en place plusieurs groupes de travail pour réévaluer sa stratégie. Warsh s’était engagé à « débarrasser les États-Unis de l’inflation élevée de ces dernières années », selon France 24.
Les marchés financiers ont accueilli favorablement ces chiffres. Le reflux plus marqué que prévu de l’inflation réduit la pression sur la Fed pour un nouveau resserrement monétaire. Selon Option Finance, l’inflation core annualisée à 2,6 % se rapproche de la cible de la banque centrale américaine. Les investisseurs surveillent désormais la trajectoire des prix du pétrole dans les semaines à venir, qui déterminera si la détente observée en juin peut se prolonger malgré les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient.
