L’inflation aux États-Unis a ralenti plus fortement que prévu en juin 2026, l’indice CPI tombant à 3,5 % sur un an, un répit pour l’administration Trump après des mois de hausse des prix.
Un recul plus marqué que prévu
Selon les données publiées le 14 juillet par le Bureau of Labor Statistics (BLS), l’indice des prix à la consommation (CPI) s’est établi à 3,5 % sur un an en juin, contre 4,1 % en mai. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un taux de 3,7 %. Le ralentissement est plus marqué que prévu, un signal encourageant pour la Réserve fédérale (Fed) qui maintient ses taux directeurs à un niveau historiquement élevé depuis plusieurs trimestres pour freiner l’inflation.
En glissement mensuel, l’indice a reculé de 0,1 %, la première contraction depuis mai 2020. L’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) s’est également infléchie, passant de 3,9 % à 3,6 % sur un an, légèrement en dessous des attentes des analystes qui tablaient sur 3,7 %. Les marchés financiers ont salué la nouvelle : le Dow Jones gagnait 1,2 % à l’ouverture de Wall Street, tandis que le S&P 500 progressait de 1,1 %.
La baisse des prix de l’essence en cause
Le ralentissement de l’inflation s’explique en grande partie par la chute des prix à la pompe. Le prix moyen du gallon d’essence aux États-Unis est tombé sous la barre des 3 dollars, contre plus de 3,80 dollars en début d’année, selon les données du département de l’Énergie. Cette baisse reflète le recul du prix du pétrole brut sur les marchés internationaux, dans un contexte de ralentissement de la demande mondiale et de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient.
Les prix de l’alimentation ont quant à eux progressé modérément (+0,3 % sur un mois), tandis que ceux des services, notamment les loyers, continuent d’augmenter à un rythme soutenu (+0,4 %). Le secteur des transports, incluant les billets d’avion et les véhicules d’occasion, a enregistré son troisième mois consécutif de baisse, contribuant à la détente générale de l’indice. Les prix des voitures neuves sont restés stables en juin.
Un contexte économique tendu
Cette publication intervient dans un climat économique marqué par les tensions commerciales entre les États-Unis et leurs partenaires. L’administration Trump a imposé de nouveaux droits de douane sur les importations chinoises et européennes depuis le début de l’année, des mesures qui, selon plusieurs économistes interrogés par Bloomberg, pourraient raviver les pressions inflationnistes à moyen terme. Les droits de douane concernent notamment les semi-conducteurs, l’acier et l’aluminium.
Le président de la Fed, Kevin Warsh, nommé par Donald Trump en 2025, a réaffirmé la semaine dernière devant la commission bancaire du Sénat que la banque centrale restait « déterminée à ramener l’inflation vers l’objectif de 2 % ». Si la tendance de juin se confirme dans les mois à venir, elle pourrait donner à la Fed une marge de manœuvre pour envisager un assouplissement monétaire, une perspective attendue par les marchés obligataires. Le rendement de l’emprunt d’État américain à 10 ans a immédiatement reculé de 10 points de base après la publication, passant sous la barre des 4,20 %.
L’inflation américaine reste toutefois au-dessus de l’objectif de la Fed, et les analystes de Goldman Sachs estiment dans une note que la banque centrale attendra plusieurs mois de données avant d’ajuster sa politique. La prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) est prévue les 29 et 30 juillet 2026. Les investisseurs estimaient au 14 juillet une probabilité de 45 % d’une baisse des taux d’un quart de point à l’issue de cette réunion, selon l’outil FedWatch du CME Group.
