Le nombre d’entreprises en difficulté reste à des niveaux records en France au premier semestre 2026. Les défaillances frôlent les 19 000 cas au premier trimestre, un seuil historiquement élevé qui confirme la fragilité persistante du tissu économique.
Selon les données compilées par plusieurs observateurs économiques, le nombre de défaillances d’entreprises en France est resté à des niveaux historiquement élevés tout au long du premier semestre 2026. Environ 19 000 défaillances ont été enregistrées au premier trimestre, un record pour cette période. Les secteurs les plus touchés incluent la construction, le commerce de détail et la restauration, qui peinent à se remettre des chocs successifs des dernières années.
Bien que mai 2026 ait montré un léger recul par rapport aux mois précédents, le niveau global reste élevé. L’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS) a tiré le signal d’alarme face à cette tendance, qui pèse sur les finances publiques et le marché de l’emploi.
Les experts anticipent une lente décrue au second semestre, mais préviennent que le nombre de défaillances devrait rester durablement élevé, au-dessus des moyennes d’avant la pandémie. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : le remboursement des Prêts garantis par l’État (PGE), la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières, et les tensions sur le crédit bancaire.
Un record historique qui touche toutes les régions
Le niveau record des défaillances ne se limite pas à quelques secteurs. Selon Les Échos, qui a publié une analyse région par région, la hausse concerne l’ensemble du territoire métropolitain. La Nouvelle-Aquitaine, l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Île-de-France figurent parmi les régions les plus touchées en volume. Les TPE et PME, qui représentent la majeure partie du tissu économique français, sont les premières victimes de cette vague de défaillances.
Le Figaro souligne que les faillites atteignent un nouveau record, dépassant les pics déjà élevés de 2024 et 2025. La situation est particulièrement préoccupante dans le secteur de la construction, où le nombre de défaillances a augmenté de plus de 15 % par rapport à l’année précédente. La restauration et l’hôtellerie, qui n’ont pas retrouvé leur niveau d’activité d’avant-crise, enregistrent également des chiffres inquiétants.
Des causes structurelles et conjoncturelles
Plusieurs facteurs expliquent cette vague de défaillances sans précédent. Le remboursement des Prêts garantis par l’État (PGE), souscrits massivement pendant la pandémie, arrive à échéance pour un grand nombre d’entreprises. Ces échéances pèsent lourdement sur leur trésorerie. Par ailleurs, la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières continue de comprimer les marges, tandis que les conditions de crédit bancaire se sont durcies.
L’inflation, bien qu’en ralentissement, reste à un niveau élevé (2,4 % en mai 2026), ce qui réduit le pouvoir d’achat des ménages et pèse sur la consommation. Cette combinaison de facteurs crée un environnement particulièrement difficile pour les entreprises les plus fragiles, notamment celles qui n’ont pas pu constituer des réserves de trésorerie suffisantes.
Des perspectives prudentes pour la fin de l’année
Selon L’Usine Nouvelle, après un record historique, les défaillances d’entreprises entament une lente décrue, mais devraient rester durablement élevées. Les projections pour le second semestre 2026 tablent sur un nombre de défaillances supérieur de 20 % à 30 % à la moyenne d’avant la crise sanitaire. La Banque de France surveille de près la situation et pourrait ajuster ses recommandations aux établissements bancaires pour faciliter l’accès au crédit.
Dans ce contexte, le gouvernement a mis en place plusieurs dispositifs d’accompagnement pour les entreprises en difficulté, notamment via le Conseil de la simplification et les procédures de prévention. Les chiffres complets du premier semestre 2026 devraient être publiés dans les prochaines semaines par la Banque de France et l’Insee.
