La dette publique de la France a atteint 3 536,1 milliards d’euros au premier trimestre 2026, soit 117,5 % du produit intérieur brut (PIB). Une augmentation de 75,6 milliards d’euros par rapport à la fin de l’année 2025, selon les chiffres publiés ce 25 juin par l’Insee.
Une progression de 75,6 milliards en trois mois
Fin décembre 2025, l’endettement de la France s’établissait à 3 460,5 milliards d’euros, soit 115,6 % du PIB. En l’espace d’un seul trimestre, la dette publique a donc augmenté de près de 2 points de produit intérieur brut, une accélération notable par rapport aux trimestres précédents. Cette hausse reflète à la fois l’accumulation du déficit budgétaire et les besoins de financement de l’État sur les marchés.
L’Insee, qui publie ces données chaque trimestre dans le cadre des comptes nationaux financiers, détaille la répartition de cette dette entre les différentes administrations publiques. La contribution de l’État central demeure la plus importante dans cette progression, suivie par celle des administrations de sécurité sociale et, dans une moindre mesure, des collectivités territoriales.
Un seuil symbolique dans un contexte budgétaire tendu
Le franchissement de la barre des 3 500 milliards d’euros intervient alors que les finances publiques françaises restent sous tension. En 2025, le déficit public s’est établi à 5,1 % du PIB, après avoir atteint 5,5 % en 2024. Pour l’année en cours, le gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu prévoit un déficit de 5 % du PIB, un objectif que la Cour des comptes a qualifié d’« ambitieux » dans son rapport annuel publié en mars dernier.
Le Premier ministre avait déjà alerté sur la trajectoire de la dette fin 2025, la jugeant « préoccupante » dans le contexte géopolitique actuel. Le conflit en cours au Moyen-Orient, le ralentissement de l’économie mondiale et les dépenses consacrées à la transition énergétique pèsent sur les équilibres budgétaires de la France comme de ses voisins européens.
La France dans le haut du classement européen
Avec un ratio d’endettement de 117,5 % du PIB, la France se situe nettement au-dessus de la moyenne de la zone euro. L’Italie, la Grèce et l’Espagne affichent des niveaux comparables ou supérieurs, tandis que l’Allemagne demeure significativement en dessous de la barre des 70 %. Cette situation place la France parmi les pays les plus endettés de l’Union européenne, loin du seuil de 60 % fixé par les traités européens de Maastricht.
La question de la soutenabilité de cette dette est ravivée par la remontée des taux d’intérêt. Le rendement des obligations françaises à dix ans a récemment dépassé les 4 %, atteignant son plus haut niveau depuis la crise financière de 2008-2009. Cette hausse renchérit mécaniquement le coût de financement de l’État français sur les marchés, chaque point supplémentaire représentant une charge additionnelle de plusieurs milliards d’euros pour le budget national. Le service de la dette, qui consiste à rembourser les intérêts aux créanciers, constitue déjà l’un des premiers postes de dépenses de l’État.
La dette publique française, dans sa définition retenue par l’Insee, englobe l’ensemble des engagements financiers des administrations publiques : l’État, les organismes de sécurité sociale et les collectivités territoriales. Elle est mesurée selon les critères du traité de Maastricht, qui servent de référence pour la surveillance budgétaire européenne. Le ratio de 117,5 % du PIB enregistré au premier trimestre 2026 reste ainsi près du double du plafond de 60 % prévu par ces mêmes critères.
L’Insee précise que ces données trimestrielles sont provisoires et pourront faire l’objet de révisions lors de la prochaine publication des comptes nationaux. La prochaine estimation de la dette publique, portant sur le deuxième trimestre 2026, est attendue pour la fin du mois de septembre.
