Paris et Berlin ont affiche leur volonte de relancer la cooperation militaire franco-allemande, apres l’echec du projet d’avion de combat Scaf, lors du 25e Conseil des ministres franco-allemand le 17 juillet 2026 a Bruehl. L’Allemagne participera des cette annee a un exercice francais de dissuasion nucleaire.
Un sommet sous le signe de la defense
Le 25e Conseil des ministres franco-allemand s’est tenu le 17 juillet 2026 au chateau d’Augustusburg a Bruehl, pres de Cologne, sous la presidence d’Emmanuel Macron et de Friedrich Merz. Ce sommet etait axe sur la defense, en plein rearmement europeen face a la menace russe et au desengagement progressif des Etats-Unis. Les deux dirigeants s’etaient retrouves la veille au chateau de Bensberg, a Bergisch Gladbach, pour un diner de travail.
Friedrich Merz a rappele que le chateau d’Augustusburg etait un lieu charge de tradition : c’est la qu’a l’ete 1962, Konrad Adenauer et Charles de Gaulle avaient jete les bases du traite de l’Elysee. Cette reference historique visait a souligner la volonte commune de depasser les divisions recentes, apres l’enterrement du Systeme de combat aerien du futur (Scaf) un mois plus tot. Le projet d’avion de combat, porte par Airbus et Dassault, avait echoue sur fond de rivalites industrielles et de divergences technologiques entre Paris et Berlin.
Le sommet etait le dernier de ce type avant le depart d’Emmanuel Macron de l’Elysee en 2027, ce qui conferait a cette reunion un caractere particulier. Un conseil franco-allemand de defense et de securite (CFADS) s’est tenu en marge, sur une base aerienne de la Luftwaffe, pour preparer les decisions annoncees.
L’Allemagne integre les exercices nucleaires francais
L’annonce la plus marquante du sommet est la participation allemande aux exercices de dissuasion nucleaire menes par la France, des cette annee. Le chancelier Friedrich Merz a presente cette decision comme un pas historique vers ce qu’il a appele une dissuasion europeenne, selon les informations rapportees par Sud Ouest. La France dispose de la force de frappe nucleaire la plus importante d’Europe, et cette ouverture a l’Allemagne constitue un tournant dans la doctrine de defense francaise.
Les deux pays ont egalement evoque la creation d’une coalition integree contre la menace des missiles balistiques. Sur le volet ukrainien, Paris et Berlin ont reaffirme leur soutien militaire a Kiev et la necessite d’accelerer les livraisons d’armements. La France s’est notamment engagee a livrer seize Rafale a la force aerienne ukrainienne d’ici 2028-2029, selon une feuille de route definie conjointement avec Kiev.
Divergences persistantes et calendrier politique
Malgre les annonces de rapprochement, les points de friction demeurent. L’Allemagne continue de militer pour le projet European Sky Shield (ESSI), un bouclier antiaerien europeen reposant largement sur des systemes americains Patriot et israelo-americains Arrow-3. La France refuse d’y participer, estimant que cette architecture renforce la dependance europeenne a Washington au detriment des industries du continent, a detaille Capital.fr.
Le programme de char du futur MGCS est egalement fragilise : depuis l’arrivee du groupe allemand Rheinmetall dans le projet, des desaccords sur la conception du vehicule ont emerge. Plusieurs observateurs estiment que le projet, comme le Scaf avant lui, pourrait etre reduit a un simple programme de combat collaboratif plutot qu’a un char entierement nouveau.
Avec le depart d’Emmanuel Macron de l’Elysee prevu en 2027 et la montee des partis radicaux dans les deux pays, Paris et Berlin savent que le temps presse pour consolider leurs accords. Les deux capitales ont convenu de se retrouver pour un nouveau conseil des ministres en 2027 afin de faire le point sur les engagements pris a Bruehl. La question de la gouvernance des futurs programmes en cooperation reste au centre des discussions, les precedents echecs ayant montre la necessite d’une structure de decision plus resserree.
