Le departement d’Etat americain a publie lundi 20 juillet un rapport accusant Cuba d’avoir infiltre la diplomatie et le ministere de la Defense des Etats-Unis « pendant des decennies, sans etre detecte », au « plus haut niveau ». Washington accentue sa pression sur l’ile communiste, deja soumise a un blocus petrolier, a des sanctions renforcees et a l’inculpation de l’ancien president Raul Castro. Ce document intervient alors que les relations bilaterales sont au plus bas depuis le retour de Donald Trump a la Maison-Blanche en janvier 2025.
Une « longue guerre d’usure » contre les Etats-Unis
Selon le rapport du departement d’Etat, Cuba a mene une « longue guerre d’usure organisee autour de l’espionnage, de l’infiltration, du sabotage, des reseaux paralleles et d’une infrastructure revolutionnaire concue pour tourner l’Amerique contre elle-meme ». Le document affirme que l’ile est parvenue a infiltrer la diplomatie americaine et le Pentagone « au plus haut niveau », sans etre detectee pendant plusieurs decennies.
Le rapport cite des exemples deja connus, comme celui d’Ana Montes, analyste des services de renseignement militaires americains, en realite espionne pour Cuba pendant plus de seize ans, arretee en 2001 et condamnee a vingt-cinq ans de prison. Un autre cas mentionne est celui de Kendall Myers, un ancien diplomate americain condamne pour espionnage au profit de Cuba en 2010. Washington affirme que Cuba a « construit un vaste reseau revolutionnaire » sur le sol americain, des Black Panthers hier aux mouvements de gauche radicaux contemporains, en passant par des « collectifs anti-ICE », la police de l’immigration.
Une pression croissante sur l’ile
Ce rapport intervient dans un contexte de pression croissante de l’administration Trump sur Cuba. Le gouvernement americain a deja impose un blocus petrolier, de nouvelles sanctions economiques et inculpe l’ancien president cubain Raul Castro. Depuis le renversement en janvier du dirigeant venezuelien Nicolas Maduro, allie de La Havane, Washington accentue la menace d’une intervention directe contre cette ile situee a environ 150 kilometres des cotes de la Floride.
Le president Donald Trump affirme que Cuba represente « une menace extraordinaire » pour la securite nationale des Etats-Unis et a plusieurs fois menace d’en « prendre le controle pacifique ». Son secretaire d’Etat Marco Rubio, d’origine cubaine et figure cle de cette campagne, a declare en mai que les Etats-Unis etaient « determines » a imposer un changement de regime dans l’ile communiste. La Havane denonce de son cote une escalade unilaterale et un retour aux methodes de la guerre froide. La communaute cubaine de Floride, influente dans l’electorat republicain, soutient majoritairement cette ligne dure.
Un rapport sans revelation majeure mais a forte portee politique
Le document publie lundi ne contient pas de revelation majeure, selon les observateurs, mais constitue un moyen supplementaire pour Washington d’augmenter la pression sur le gouvernement de Miguel Diaz-Canel. Le rapport s’inscrit dans une serie de mesures hostiles contre La Havane depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier 2025, apres avoir deja rompu le detente amorce sous l’administration Biden.
Le texte accuse Cuba d’entretenir des liens avec « de puissantes associations de gauche, des collectifs anti-ICE » et des « groupes socialistes », reprenant la rhetorique employee par le president republicain depuis sa campagne electorale. Le rapport mentionne egalement des tentatives d’ingerence cubaine dans les universites americaines et les milieux journalistiques, sans toutefois fournir de preuves nouvelles et verificables, selon plusieurs medias americains. La Havane n’avait pas officiellement reactionne dans l’immediat a la publication de ce rapport lundi apres-midi.
Les relations entre Washington et La Havane, deja au plus bas depuis le retour de Trump a la Maison-Blanche, connaissent ainsi une nouvelle deterioration. Les Etats-Unis maintiennent un embargo economique impose en 1962, toujours en vigueur, que Cuba denonce regulierement chaque annee devant l’Assemblee generale des Nations unies.
