Les autorités israéliennes ont refusé l’entrée en Cisjordanie à une journaliste de Radio France Internationale (RFI). La rédaction de RFI a dénoncé une « atteinte à la liberté de la presse », tandis que Radio France, maison mère de la station, a exprimé son indignation face à cette mesure.
Un refoulement aux motivations contestées
Selon les informations rendues publiques le 12 juin 2026, la journaliste, collaboratrice de RFI, s’est vu interdire l’accès au territoire palestinien occupé par les autorités israéliennes alors qu’elle s’apprêtait à y effectuer un reportage. Les motifs précis du refoulement n’ont pas été communiqués officiellement par les services israéliens, et aucune précision n’a été apportée sur la nature du point de passage où l’incident s’est produit.
La direction de RFI a immédiatement réagi en qualifiant cette décision d’« atteinte à la liberté de la presse ». Radio France, qui coiffe l’antenne internationale, a également fait part de son indignation, estimant que cette restriction constitue une entrave au travail journalistique de ses équipes dans la région.
Aucune information sur l’identité de la journaliste ni sur les circonstances exactes de son refoulement n’a été divulguée par les parties concernées à ce stade.
Un contexte de tensions diplomatiques
Cette décision israélienne intervient quelques jours après que la France a annoncé interdire l’entrée sur son territoire au ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, figure de l’extrême droite israélienne. La mesure française s’inscrit dans le cadre d’une action coordonnée avec le Royaume-Uni et plusieurs pays alliés, qui ont sanctionné des réseaux facilitant les violences de colons israéliens en Cisjordanie.
Le quotidien Le Monde évoque, dans son édition du 12 juin, une « pression accrue sur la presse étrangère » exercée par les autorités israéliennes. Selon le journal, le refoulement de la collaboratrice de RFI s’inscrit dans un durcissement plus large des conditions d’accès imposées aux correspondants internationaux couvrant les territoires palestiniens.
Un accès à la presse déjà restreint
Cette interdiction frappant une journaliste française s’ajoute à un contexte plus large de restrictions pesant sur les médias internationaux. L’accès à la bande de Gaza est bloqué pour la presse étrangère depuis près de trois ans, depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et la riposte israélienne qui a suivi. Les journalistes souhaitant entrer dans l’enclave palestinienne doivent obtenir des autorisations des autorités israéliennes, qui ne sont que rarement accordées.
Reporters sans frontières (RSF) dénonce régulièrement cette situation comme « une vraie entrave à la liberté de la presse ». L’organisation de défense des journalistes alerte de manière répétée sur la dégradation des conditions de travail des reporters dans les territoires palestiniens, qu’il s’agisse de restrictions administratives, d’entraves à la circulation ou de risques sécuritaires.
Plusieurs journalistes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions dans la région depuis le début du conflit, selon les recensements effectués par les organisations de défense de la presse.
La liberté de la presse, un enjeu diplomatique
Le refoulement de cette journaliste de RFI illustre les tensions croissantes entre la liberté d’informer et les restrictions imposées par les autorités israéliennes aux correspondants étrangers. Radio France et RFI ont clairement signifié leur opposition à cette mesure, qu’elles considèrent comme une entrave à l’exercice du journalisme.
Les autorités israéliennes n’ont pas communiqué de calendrier concernant un éventuel réexamen de cette décision de refoulement. Aucune voie de recours n’a été indiquée pour la journaliste concernée à la date du 12 juin 2026. RFI n’a pas précisé si elle entendait engager des démarches diplomatiques pour contester cette interdiction.
