Donald Trump a vanté vendredi 19 juin sa nouvelle « Maison Blanche volante » en dévoilant le prochain avion présidentiel Air Force One, un Boeing 747 offert par le Qatar qui suscite des interrogations éthiques et de sécurité.
Le président américain s’est exprimé depuis la base aérienne Andrews, dans le Maryland, devant l’appareil au fuselage blanc présentant une large bande horizontale rouge et un dessous bleu foncé. « Cet avion a été transformé en une Maison Blanche volante, avec un niveau de luxe jamais vu auparavant », a-t-il déclaré lors de cette présentation.
L’ancien Air Force One, un boeing 747-200 au livrée bleu ciel et blanche, a effectué son dernier vol jeudi. La Maison Blanche lui a rendu hommage pour ses plus de trente ans de service, 223 voyages internationaux dans 96 pays et 6 millions de miles parcourus, selon les chiffres communiqués par la présidence.
Un appareil de transition pour la flotte présidentielle
Le nouvel appareil, plus grand que son prédécesseur, « va entamer ses vols initiaux de mise en service », a annoncé l’US Air Force dans un communiqué. Son intégration progressive à la flotte présidentielle est prévue au cours de l’été. Ces essais doivent permettre de vérifier l’ensemble des capacités nécessaires au transport sécurisé du président.
La livraison de cet avion de transition répond à « la nécessité de soulager la flotte vieillissante de VC-25A jusqu’à la mise en service des futurs Boeing VC-25B », selon le même communiqué. Le gouvernement américain a commandé à Boeing deux nouveaux 747, mais le programme a connu des retards et des dépassements de coûts.
Des questions éthiques sur un don étranger
Offert par le Qatar et évalué à plusieurs centaines de millions de dollars, cet appareil a soulevé des questions éthiques et constitutionnelles, notamment sur les limites encadrant les cadeaux reçus par un président de la part de puissances étrangères. Des experts en droit constitutionnel ont souligné que la clause dite « Emoluments Clause » de la Constitution américaine interdit aux titulaires de charges publiques d’accepter des cadeaux de gouvernements étrangers sans l’approbation du Congrès.
L’administration Trump a défendu l’acceptation de ce don en arguant que le Pentagone l’a officiellement approuvé l’année dernière. Le ministère de la défense américain a indiqué que l’appareil répondait à un besoin opérationnel urgent, la flotte actuelle vieillissant et les nouveaux Boeing VC-25B accusant des retards de livraison.
Des questions de sécurité soulevées
L’utilisation d’un appareiel ayant appartenu à un gouvernement étranger pour la fonction d’avion présidentiel a également suscité des interrogations en matière de sécurité. Les appareils modifiés pour servir d’Air Force One sont réputés être dotés de systèmes de défense sophistiqués, capables de brouiller les radars ennemis et les systèmes de suivi infrarouge. Ils sont également équipés de dispositifs de dispersion de fragments métalliques pour perturber les missiles guidés par radar, et de leurres infrarouges pour aveugler ceux guidés thermiquement.
Le Qatar est un allié majeur des États-Unis au Moyen-Orient, abritant la plus grande base aérienne américaine dans la région, Al-Udeid. Ce don intervient dans un contexte de relations bilatérales étroites, renforcées ces dernières années par des accords commerciaux et de défense.
Une obsession de longue date
Donald Trump est obsédé par le remplacement de l’avion présidentiel depuis son premier mandat. Il conservait un modèle réduit aux nouvelles couleurs sur la table basse du Bureau ovale. « On aimait bien le bleu ciel, mais il était temps de changer », a-t-il commenté en référence à la livrée de l’ancien appareil. Il avait déclaré qu’il serait « stupide » de ne pas accepter un tel cadeau du Qatar.
Le nouveau design abandonne le bleu ciel historique des appareils présidentiels pour une livrée blanche avec bande rouge et dessous bleu foncé, rappelant davantage les couleurs des avions d’affaires que celles traditionnelles de la flotte américaine.
