Le 23 juin 2026 marque le dixième anniversaire du référendum sur le Brexit. Ce jour-là, les Britanniques ont choisi à 51,89% des voix de quitter l’Union européenne. Dix ans plus tard, 57% des Britanniques considèrent que ce choix était une erreur, selon les données agrégées par YouGov.
Le Brexit, contraction de « British exit », n’est officiellement entré en vigueur que le 31 janvier 2020, près de quatre ans après le vote. Depuis, le Royaume-Uni a connu une instabilité politique marquée, avec plusieurs changements de Premier ministre. Le dernier en date, Keir Starmer, a annoncé sa démission lundi 22 juin.
Une majorité de regrets
D’après les sondages publiés ces derniers mois, 57% des Britanniques estiment que le pays a fait le mauvais choix en quittant l’UE. Ce taux monte à 60% chez les 18-28 ans, selon une enquête du groupe de réflexion More in Common citée par The Guardian. À l’inverse, seuls 9% des jeunes voteraient pour rester en dehors de l’Union.
Les principaux artisans de la campagne du « Leave » avaient promis des jours meilleurs : zones de pêche maîtrisées, baisse de l’immigration, plus d’investisseurs et davantage de moyens pour le National Health Service (NHS), le système de santé publique britannique. Dix ans après, ces promesses ne se sont pas concrétisées partout sur le territoire. Le coût de la vie a augmenté et les échanges commerciaux avec l’UE restent entravés par des formalités douanières accrues.
Une économie sous tension
Selon une étude américaine s’appuyant sur des données de la Banque d’Angleterre, citée par 20 Minutes, le PIB britannique est aujourd’hui inférieur de 6 à 8% à ce qu’il aurait été sans le Brexit. Le commerce de marchandises, en particulier les voitures et les produits agroalimentaires, a été particulièrement touché, le Brexit ayant alourdi les formalités administratives pour les entreprises, rapporte France 24. Les exportations vers l’UE ont chuté et de nombreuses PME peinent à s’adapter aux nouvelles procédures douanières.
Le Royaume-Uni reste toutefois attractif pour les investisseurs, notamment dans les services financiers, la technologie et l’intelligence artificielle, des secteurs où la réglementation britannique est plus souple que celle de l’UE, observe RFI.
L’immigration redessinée
L’immigration nette en provenance de l’UE a chuté pour atteindre 70 000 personnes en 2020, selon TF1. Dans le même temps, l’immigration nette des pays hors UE a doublé, passant de 90 000 en 2016 à 186 000 en 2019. Après 2021 et l’entrée en vigueur du Brexit, cette tendance s’est accentuée.
Le NHS toujours en souffrance
Le système de santé public britannique, qui était l’argument phare de la campagne pro-Brexit avec la promesse de récupérer les millions de livres sterling versés au budget européen, souffre aujourd’hui d’un sous-financement chronique et d’un manque de personnel, avec des délais d’attente qui s’allongent.
Un rapprochement contrarié avec l’UE
Entre le ralentissement de la croissance, les tensions avec l’administration Trump et la guerre en Ukraine, un rapprochement avec l’Union européenne est progressivement redevenu une priorité à Londres, rapporte Le Monde. Un « nouveau partenariat stratégique » a été acté au printemps 2025, et le Royaume-Uni doit rejoindre le programme Erasmus en 2027. Ce réchauffement diplomatique marque un tournant après des années de relations glaciales entre Bruxelles et Londres.
Mais la démission de Keir Starmer, qui avait engagé ce rapprochement, remet en question cette trajectoire. Le sommet UE-Royaume-Uni prévu le 22 juillet a été annulé. Le leader de Reform UK, Nigel Farage, réclame des élections générales, tandis que le débat sur le rapprochement avec Bruxelles est de retour sur l’agenda politique intérieur britannique.
Le 23 juin 2026, dix ans après le vote historique, le Royaume-Uni reste divisé sur son choix et cherche encore sa place face à l’Union européenne.
