CMA Media, la branche médias du groupe CMA CGM, a annoncé mercredi 24 juin la mise en vente de ses neuf chaînes BFM locales. Cette décision s’inscrit dans un plan d’économies de 20 millions d’euros.
Neuf chaînes concernées par la vente
Les neuf antennes locales de BFM concernées sont BFM Paris, BFM Lyon, BFM Marseille Provence, BFM Toulon Var, BFM Nice Côte d’Azur, BFM Grand Lille, BFM Grand Littoral, Dici Alpes et Dici Provence, a précisé la direction. Le groupe souhaite se séparer de ces chaînes « avant la fin de l’année », selon des sources internes citées par Le Monde et Le Parisien.
La direction de CMA Media a justifié cette décision par l’absence de modèle économique viable pour ces antennes lancées à partir de 2018. « Nous ne trouvons pas le modèle économique », a déclaré un porte-parole, cité par Nice-Matin. Ces chaînes locales n’ont jamais atteint l’équilibre financier, selon des sources internes. Le groupe souhaite se recentrer sur le numérique et réduire ses coûts d’exploitation.
125 emplois menacés
Ce plan de cession s’accompagne d’un plan de départs volontaires. Selon Le Parisien, 125 postes sont menacés dans les neuf rédactions locales. Les syndicats ont exprimé leur inquiétude face à cette annonce, qui intervient moins d’un an après le rachat du pôle médias de Altice par le groupe CMA Media en 2024 pour environ 1,5 milliard d’euros.
Les syndicats de journalistes ont dénoncé « un plan social déguisé », selon des propos rapportés par Libération. La direction a indiqué que les modalités du plan de départs volontaires seront précisées dans les prochaines semaines, sans donner davantage de détails sur les conditions de départ ni les indemnités prévues. Les organisations syndicales ont appelé à une réunion d’urgence avec la direction pour obtenir des garanties sur les emplois.
Un recentrage sur le numérique
CMA Media ambitionne de réorienter ses investissements vers les activités numériques, a indiqué la direction. Le groupe, propriétaire de BFM-TV, RMC et La Provence, souhaite développer ses offres digitales et renforcer sa présence sur les nouveaux formats de consommation de l’information, notamment les podcasts, les vidéos courtes et les plateformes de streaming.
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions dans le secteur des médias, confronté à une baisse des recettes publicitaires et à une concurrence accrue des plateformes numériques et des réseaux sociaux. Le marché publicitaire télévisé a reculé de 3,5 % en France en 2025, selon les données de l’Irep. Plusieurs groupes médias ont annoncé des plans d’économies ces derniers mois, à l’image de M6 et de France Télévisions.
Le groupe CMA CGM, dirigé par Rodolphe Saadé, avait fait l’acquisition du pôle médias de Altice en 2024 pour environ 1,5 milliard d’euros, une opération autorisée par l’Autorité de la concurrence sous conditions. Cette acquisition comprenait BFM-TV, RMC, La Provence et les chaînes locales.
Un avenir incertain pour les chaînes locales
Les acquéreurs potentiels pour ces chaînes locales n’ont pas été identifiés à ce stade. Plusieurs groupes de presse régionaux pourraient être intéressés par ces fréquences, selon des observateurs cités par La Tribune et Ouest-France. Les chaînes locales de BFM diffusaient des programmes d’information de proximité dans leurs zones respectives, couvrant l’actualité municipale, départementale et régionale.
Les neuf chaînes locales de BFM emploient au total environ 250 salariés, selon les chiffres communiqués par la direction. Les négociations avec les repreneurs potentiels devraient débuter dans les prochaines semaines. La direction a précisé que la vente des chaînes locales ne remet pas en cause l’activité de la chaîne nationale BFM-TV, ni celle de RMC et de La Provence. Les modalités de la cession et le calendrier précis seront communiqués ultérieurement.
