Les États-Unis ont mené une nouvelle série de frappes ciblées contre l’Iran dans la nuit du 27 au 28 juin, en représailles à une attaque de drone contre un pétrolier commercial dans le détroit d’Ormuz. Les gardiens de la révolution iraniens affirment avoir visé en retour des positions au Koweït et à Bahreïn.
Selon le commandement central américain (Centcom), les frappes ont visé plusieurs sites militaires iraniens. Le Pentagone a justifié ces bombardements par la « poursuite d’actes d’agression contre la navigation commerciale » dans la région du Golfe, rapportent plusieurs médias internationaux dont Associated Press et NBC News.
L’escalade intervient après qu’un pétrolier battant pavillon panaméen a été touché par un drone dans la nuit du 26 au 27 juin à proximité du détroit d’Ormuz, une voie de passage stratégique par laquelle transite environ un quart du trafic pétrolier mondial. L’attaque n’a pas fait de victimes, selon les premières informations. L’Agence des Nations unies a suspendu partiellement l’évacuation des navires dans la zone après cette attaque, a précisé Associated Press.
En représailles aux frappes américaines, les gardiens de la révolution iraniens ont annoncé avoir lancé des drones et des missiles contre des cibles au Koweït et à Bahreïn, ont confirmé plusieurs sources, dont Al Jazeera et PBS. Les autorités bahreïnies ont fait état de plusieurs drones interceptés au-dessus de leur territoire sans signaler de victimes. Le Koweït n’avait pas communiqué officiellement dans l’immédiat.
Cette nouvelle escalade constitue la plus grave violation de l’accord de paix américano-iranien signé le 14 juin, selon des analystes cités par Reuters et Associated Press. L’accord, conclu sous l’administration Trump, prévoyait la réouverture complète du détroit d’Ormuz, l’arrêt des hostilités directes entre les deux pays et un moratoire sur les frappes contre les infrastructures pétrolières. Sa fragilité était régulièrement soulignée par les observateurs internationaux.
Le président Donald Trump a menacé l’Iran de « conséquences sévères » dans un message publié sur son réseau Truth Social, sans préciser la nature des représailles envisagées. La Maison-Blanche n’a pas communiqué officiellement dans l’immédiat. Selon des sources proches du dossier, une réunion du Conseil de sécurité nationale est prévue dans la journée.
Sur le plan diplomatique, plusieurs capitales européennes ont appelé à la retenue. Paris et Berlin ont demandé une désescalade immédiate dans des déclarations séparées, tandis que le secrétaire général de l’ONU s’est dit « profondément préoccupé » par cette nouvelle flambée de violence.
Le détroit d’Ormuz reste sous haute tension. Les cours du pétrole brut ont bondi de plus de 4 % à l’ouverture des marchés asiatiques lundi 28 juin, les investisseurs redoutant une interruption prolongée du trafic maritime dans cette voie stratégique. Le Brent de la mer du Nord s’échangeait autour de 91 dollars le baril.
Le conflit américano-iranien dure depuis plus de cent jours. Déclenché en mars 2026 après la destruction d’un hélicoptère Apache américain par l’Iran près du détroit d’Ormuz, il a connu des phases d’intensité variable, entre frappes massives, négociations diplomatiques et cessez-le-feu fragiles. L’accord de paix du 14 juin, négocié sous médiation pakistanaise, prévoyait la réouverture du détroit et un arrêt des hostilités, mais les deux camps s’accusaient mutuellement de violations depuis son entrée en vigueur.
L’attaque du pétrolier dans la nuit du 26 au 27 juin a rompu le statu quo. Selon des responsables américains cités par CNN et le Guardian, le drone qui a touché le navire aurait été lancé depuis une position tenue par les gardiens de la révolution iraniens, ce que Téhéran dément. Washington a présenté ces frappes comme une mesure de représailles proportionnée. Les forces navales américaines dans la région ont été placées en alerte renforcée, a précisé le Pentagone.
