Le maire La France insoumise de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a estimé que siffler La Marseillaise dans les stades pouvait relever d’un « droit à la réplique populaire ». La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dénoncé une « stratégie de sédition ».
Dans une interview publiée mardi 16 juin par L’Opinion, Bally Bagayoko a déclaré que « siffler La Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l’international, c’est un droit à la réplique populaire ». Le maire a justifié sa position en expliquant que « les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d’ici mais aussi de là-bas ».
Interrogée jeudi 18 juin sur BFMTV-RMC, Maud Bregeon a estimé que ces propos ne relevaient pas d’un simple « dérapage » mais d’une « stratégie politique ». « C’est une stratégie de sédition vis-à-vis des valeurs républicaines », a déclaré la porte-parole du gouvernement, également ministre déléguée chargée de l’Énergie.
Vives réactions de l’opposition
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a dénoncé ces déclarations mercredi 17 juin. « Le peuple français, lui, aime et chante son hymne : il ne le siffle pas. À quels peuples exactement le maire LFI de Saint-Denis s’adresse-t-il par cynisme électoral ? » a-t-il interrogé dans un message sur les réseaux sociaux.
Le secrétaire général des Républicains, Othman Nasrou, a accusé LFI de franchir une nouvelle étape. « Après les appels à l’insurrection, la haine de la police et l’antisémitisme, LFI franchit une nouvelle étape : la haine de la France est désormais pleinement assumée », a-t-il écrit.
Le député européen socialiste François Kalfon a également critiqué la position du maire de Saint-Denis sur LCI, lui adressant « un carton rouge » et dénonçant « le choix de la provocation permanente ».
Des précédents au Stade de France
La Marseillaise a déjà été sifflée à plusieurs reprises au Stade de France, situé à Saint-Denis. L’événement le plus marquant remonte à 2001, avant le match France-Algérie. Un an plus tard, en 2002, l’hymne national avait de nouveau été sifflé lors de la finale de la Coupe de France entre Lorient et Bastia. Ces incidents avaient à l’époque suscité un large débat sur le rapport des jeunes issus de l’immigration aux symboles nationaux.
Un maire déjà au cœur de plusieurs controverses
Bally Bagayoko, élu maire de Saint-Denis en 2026, a suscité plusieurs polémiques depuis son élection. Il a retiré le portrait officiel d’Emmanuel Macron de son bureau, une décision que le préfet l’a invité à « reconsidérer » sans que la loi l’oblige à l’exposer. Il a également proposé de désarmer la police municipale de ses LBD, les lanceurs de balles de défense critiqués pendant le mouvement des Gilets jaunes, et une vingtaine d’agents sur 135 auraient quitté la ville depuis son élection, selon Actu Paris.
Le cadre légal prévoit que le fait d’outrager publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore est puni de 7 500 euros d’amende depuis une loi adoptée en 2003 sous la présidence de Jacques Chirac.
