Le Fonds monetaire international a ramene sa prevision de croissance mondiale a 3 % pour 2026, contre 3,5 % en moyenne les deux annees precedentes. L’institution juge toutefois que l’economie mondiale a mieux resiste que prevu au conflit au Moyen-Orient, grace a l’ampleur des investissements dans l’intelligence artificielle.
Une revision a la baisse, un constat de resilience
Le FMI a publie ce mercredi 8 juillet ses nouvelles perspectives economiques mondiales. La croissance attendue pour 2026 est revue a 3 %, soit un recul par rapport aux 3,5 % enregistres en 2024 et 2025. L’institution met en garde contre les risques persistants lies a la guerre au Moyen-Orient, a la fragmentation des echanges commerciaux et aux corrections potentielles du marche de l’IA.
L’economie mondiale a cependant «evite un ralentissement plus marque» grace aux investissements dans l’intelligence artificielle, selon le FMI. «Nous observons une dynamique tres forte dans le secteur technologique mondial, qui est un element majeur venant contrebalancer les effets de la guerre», a declare Deniz Igan, cheffe de la division des etudes economiques mondiales du departement de la recherche du FMI, a l’AFP. Ces investissements concernent notamment les centres de donnees, les infrastructures de calcul et le developpement de modeles d’IA generatives, qui attirent des capitaux sans precedent aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.
Les previsions du FMI interviennent dans un contexte de tensions geopoliques accrues. La fermeture du detroit d’Ormuz, point de passage de pres d’un tiers du petrole mondial, perturbe les approvisionnements energetiques et rencherit les couts de transport. L’institution basee a Washington estime que la poursuite du conflit au Moyen-Orient pourrait peser davantage sur l’activite si les perturbations s’etendent a d’autres routes maritimes strategiques, notamment en mer Rouge.
Cette mise a jour des previsions intervient apres une periode de forte croissance mondiale en 2024 et 2025, portee par la reprise post-pandemique et les premiers effets des investissements dans l’IA. Le ralentissement attendu en 2026 traduit l’impact cumule des chocs geopoliques et du resserrement des conditions financieres dans plusieurs grandes economies.
La France et la zone euro penalisees
Dans la zone euro, la croissance est revue a la baisse de 0,2 point par rapport aux previsions d’avril. La France voit la sienne ramenee a 0,6 % pour 2026, soit 0,3 point de moins que lors des precedentes estimations. Le FMI anticipe une croissance inferieure a 1 % pour 2027. Le gouvernement francais tablait sur une prevision legerement plus elevee pour 2026, ce qui pourrait compliquer la trajectoire des finances publiques et les objectifs de reduction du deficit.
Les Etats-Unis resistent mieux, avec une prevision inchangee a 2,3 % pour 2026, grace aux investissements massifs dans les infrastructures d’IA, notamment les centres de donnees. Le pays beneficie egalement de sa position d’exportateur de petrole, ce qui le protege partiellement de la hausse des prix energetiques provoquee par le conflit au Moyen-Orient.
Des disparites regionales marquees
Parmi les economies les plus touchees a court terme figurent l’Irak et le Qatar. Ces pays paient «l’absence d’alternative pour l’exportation d’hydrocarbures une fois le detroit d’Ormuz ferme», a precise Deniz Igan. L’Arabie saoudite, qui dispose de routes d’exportation alternatives, devrait terminer l’annee avec une croissance de 1,7 %. La perspective pour l’Iran s’est legerement amelioree mais son economie devrait rester en recession en 2026, a -5,4 %.
Ces previsions ont ete elaborees avant le regain de tensions des derniers jours au Moyen-Orient, ce qui pourrait aggraver les perspectives si le conflit s’etend. Le FMI souligne par ailleurs que la croissance mondiale reste dependante de la dynamique du secteur technologique et de la capacite des economies a absorber les chocs geopoliques. La fragmentation des echanges commerciaux et les incertitudes reglementaires autour de l’IA constituent des risques supplementaires pour les annees a venir, selon l’institution.
