Six personnes, dont deux policiers et quatre secouristes, ont ete mises en examen pour homicide involontaire apres la mort d’Abderrahim Fakir, un Marocain de 42 ans, survenue le 19 juillet a Bologne (nord de l’Italie) lors de son interpellation par la police. L’affaire provoque une onde de choc dans le pays et des manifestations dans la ville emilienne.
Un homme plaque au sol sous les yeux de temoins
Abderrahim Fakir, ressortissant marocain installe legalement en Italie depuis plus de trente ans, est decede le 19 juillet dans le quartier Pilastro a Bologne. Les faits se sont produits apres que des riverains ont signale un homme en etat de forte agitation, selon le parquet de Bologne.
Des videos tournees par des temoins et largement partagees sur les reseaux sociaux montrent la victime maintenue au sol par deux policiers, menottee, criant a plusieurs reprises « A l’aide ! A l’aide ! ». Les images la montrent ensuite inerte, visage contre l’asphalte, pendant que les agents lui lient les pieds et les poings. L’un d’eux finit par lui taper sur l’epaule pour verifier s’il est toujours conscient.
Le Figaro, citant l’AFP, rapporte que les enregistrements des cameras-pietons portees par les policiers ont ete mis a la disposition de la justice, selon la prefecture de police de Bologne.
Six personnes mises en examen pour homicide involontaire
Le parquet de Bologne a ouvert une enquete et ordonne une autopsie pour determiner les causes exactes du deces. Six personnes ont ete mises en examen pour homicide involontaire : les deux policiers ayant procede a l’interpellation et quatre secouristes presents sur les lieux, precise info.fr, confirmant les informations du quotidien Le Matin.
La soeur de la victime, Khadija Fakir, a declare au Corriere della Sera : « On ne peut pas mourir comme ca ! La police doit nous proteger (…) Si quelqu’un est agite, il faut le calmer, pas le tuer comme un chien. »
Reactions politiques contrastees en Italie
La Premiere ministre italienne, Giorgia Meloni, a exige que « la verite soit etablie avec la plus grande rigueur », tout en condamnant fermement les violences lors des manifestations qui ont suivi le drame. « Que personne ne pense pouvoir tout casser », a-t-elle declare, selon Radio1Rai.
Le maire de centre-gauche de Bologne, Matteo Lepore, a appele a « faire toute la lumiere » sur les evenements. A l’inverse, le vice-premier ministre Matteo Salvini et Galeazzo Bignami, chef du groupe parlementaire Fratelli d’Italia (parti d’extreme droite de Giorgia Meloni), ont pris la defense des deux policiers intervenants.
La senatrice d’opposition Ilaria Cucchi, dont le frere est mort en detention en 2009, a denonce a l’AFP des messages de « solidarite » et de « remerciement » adresses a la police, accusant le gouvernement d’avoir « favorise ce type de comportements » par ses politiques.
Le Maroc demande une enquete transparente
Le royaume du Maroc a rapidement pris position. L’ambassadeur du Maroc en Italie a appele a la serenite et a la confiance envers la justice italienne, tout en demandant une enquete transparente, rapporte Hespress. L’ambassade a exhorte la diaspora marocaine a la retenue et au respect des institutions judiciaires italiennes.
Abderrahim Fakir residait legalement en Italie depuis plus de trente ans. Bien que muni d’un permis de sejour, il craignait d’etre expulse, a confie a l’agence Ansa l’avocate Barbara Spinelli, qui l’avait assiste l’annee derniere pour une demande de renouvellement de son titre de sejour.
Des milliers de personnes ont manifeste a Bologne pour reclamer la verite. Des heurts ont ete signales pres de la prefecture, selon TelQuel. L’enquete se poursuit pour etablir les causes exactes du deces et les eventuelles responsabilites. L’autopsie et l’analyse des images des cameras-pietons constituent les elements centraux du dossier.
