Nigel Farage, chef du parti Reform UK, a annoncé mardi 7 juillet sa démission du Parlement britannique. Il se présentera à l’élection partielle provoquée par son départ, alors qu’il est visé par une enquête du comité d’éthique parlementaire pour des dons non déclarés de riches soutiens issus du secteur des cryptomonnaies.
Dans une déclaration vidéo publiée sur les réseaux sociaux mardi 7 juillet, le député de Clacton-on-Sea, dans l’Essex au sud-est de l’Angleterre, a indiqué vouloir soumettre son sort à ses électeurs. «Je vais démissionner de mon mandat de député de Clacton-on-Sea, ce qui provoquera une élection partielle, et je me présenterai à ce scrutin partiel», a-t-il déclaré. «Les habitants de Clacton doivent être les juges de mes actions», a-t-il ajouté.
Plusieurs médias britanniques ont révélé que Nigel Farage avait bénéficié de dons d’hommes d’affaires sans les déclarer auprès des autorités. Le comité d’éthique du Parlement a ouvert en mai une enquête au sujet d’un don de 5 millions de livres, environ 5,7 millions d’euros, reçu de Christopher Harborne, un milliardaire ayant fait fortune dans les cryptomonnaies. Ce versement serait intervenu quelques mois avant les élections législatives de juillet 2024, qui ont permis à Nigel Farage d’être élu pour la première fois à la Chambre des communes.
Selon les informations du Sunday Times, Nigel Farage aurait également bénéficié, pendant l’année précédant le scrutin, de services de sécurité, d’un hébergement ainsi que de la prise en charge de sa communication sur les réseaux sociaux. Ces prestations auraient été financées par un autre entrepreneur des cryptomonnaies, George Cottrell, sans faire l’objet de déclarations officielles. Les règles du Parlement britannique imposent aux élus de déclarer tout don ou avantage reçu au-delà d’un certain montant, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension.
Figure centrale de la vie politique britannique depuis plus de trente ans, Nigel Farage, 62 ans, a été l’un des principaux artisans de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne lors du référendum de 2016. Ancien député européen pendant vingt ans, il a fondé puis dirigé le parti UKIP avant de lancer Reform UK en 2019. Sa formation politique, qui porte un discours anti-immigration et souverainiste, a obtenu cinq sièges à la Chambre des communes lors des élections de juillet 2024, avec environ 14 % des suffrages exprimés au niveau national. Il avait personnellement remporté la circonscription de Clacton-on-Sea avec 46 % des voix face au député conservateur sortant.
Cette démission intervient dans un climat politique instable au Royaume-Uni. Le Premier ministre travailliste Keir Starmer a lui-même annoncé sa démission le 22 juin après des mois de pression interne, ouvrant une période d’incertitude politique. La succession de Starmer est en cours et plusieurs candidats sont en lice pour la direction du Parti travailliste et du gouvernement. Le vainqueur devra gérer une majorité fragile et une opposition renforcée par les récents succès électoraux de Reform UK dans plusieurs scrutins locaux organisés au printemps. Les conservateurs, de leur côté, tentent de reconstruire leur appareil politique après leur défaite de 2024.
L’enquête du comité d’éthique parlementaire, ouverte en mai, n’a pas encore abouti. Selon la presse britannique, les manquements aux obligations de déclaration peuvent entraîner des sanctions allant d’une amende à la suspension temporaire, voire à l’exclusion définitive dans les cas les plus graves. L’issue de cette procédure pourrait être connue dans les prochaines semaines et pourrait influencer le résultat de l’élection partielle à Clacton, dont la date n’a pas encore été fixée par les autorités électorales britanniques. Nigel Farage a déclaré qu’il entendait se présenter devant les électeurs pour qu’ils se prononcent sur son maintien à la Chambre des communes, une procédure inhabituelle dans la vie politique britannique qui suscite de nombreux commentaires dans la presse du Royaume-Uni.
