Les pays membres de l’OTAN, y compris les États-Unis, ont réaffirmé mercredi 8 juillet leur «engagement indéfectible» envers la clause d’assistance mutuelle prévue à l’article 5 du traité de l’Alliance. La déclaration a été publiée au deuxième et dernier jour du sommet de l’Alliance à Ankara, en Turquie.
Une déclaration commune sur l’article 5
Le texte adopté par les 32 pays membres réaffirme le principe fondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, selon lequel «une attaque contre un Allié est une attaque contre tous». La déclaration précise que «notre unité, notre solidarité et notre force collective restent le socle sur lequel reposent la paix, la sécurité et la prospérité».
L’article 5 du traité de l’OTAN, pierre angulaire de l’Alliance depuis sa création en 1949, dispose qu’une attaque armée contre l’un des membres est considérée comme une attaque contre tous. Cette clause n’a été invoquée qu’une seule fois dans l’histoire de l’Organisation, après les attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, déclenchant le déploiement des forces alliées en Afghanistan. Le mécanisme de défense collective reste la raison d’être centrale de l’Alliance, fondée en pleine guerre froide pour faire contrepoids à l’Union soviétique.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan accueillait ce sommet dans la capitale turque, avec des discussions portant également sur les budgets de défense, la situation au Moyen-Orient et le conflit en Ukraine. La Turquie, membre de l’OTAN depuis 1952, occupe une position stratégique aux portes du Moyen-Orient et entretient des relations contrastées avec plusieurs de ses alliés, tout en conservant un rôle militaire actif au sein de l’Alliance.
Un contexte diplomatique tendu
Cette réaffirmation intervient dans un climat de tensions entre Washington et plusieurs de ses partenaires européens. Donald Trump a critiqué à plusieurs reprises les dépenses militaires jugées insuffisantes de certains pays membres. Lors du même sommet, le président américain a annoncé que les États-Unis cesseraient tout échange commercial avec l’Espagne, selon plusieurs médias présents à Ankara. Cette décision, si elle était confirmée, marquerait une escalade des tensions commerciales entre Washington et ses partenaires européens.
La déclaration commune incluant les États-Unis a été perçue comme un signal de continuité sur le principe de défense collective, malgré les désaccords entre l’administration Trump et ses alliés européens sur les questions commerciales et budgétaires. Plusieurs responsables européens avaient exprimé leur inquiétude avant le sommet quant à l’engagement américain envers l’Alliance. En marge des sessions officielles, les chefs d’État et de gouvernement ont multiplié les rencontres bilatérales pour tenter d’apaiser ces tensions.
Des dépenses de défense en hausse
Le sommet d’Ankara a également été l’occasion pour les Alliés de faire le point sur les objectifs de dépenses militaires. Les membres de l’OTAN s’engagent à consacrer au moins 2 % de leur produit intérieur brut à la défense. Selon des données publiées par l’Alliance, plusieurs pays européens ont augmenté leurs budgets militaires au cours des dernières années, sans toutefois atteindre la cible pour tous. La Pologne et les pays baltes figurent parmi les membres qui dépassent désormais cet objectif.
La question du partage des charges financières reste un sujet de divergence récurrent entre les États-Unis et leurs partenaires européens. Les dirigeants européens ont également évoqué la nécessité de renforcer les capacités de défense européennes, dans le cadre d’une autonomie stratégique accrue. L’Union européenne dispose elle aussi de sa propre clause d’assistance mutuelle, l’article 42.7 du traité sur l’Union européenne, qui fait l’objet de discussions renouvelées dans le contexte des interrogations sur la fiabilité de la garantie américaine. Le prochain sommet de l’OTAN doit se tenir en 2027 dans un pays qui reste à désigner. Le sommet d’Ankara s’est achevé ce mercredi 8 juillet, sans décision majeure supplémentaire annoncée à ce stade.
