Le tribunal central de Séoul a condamné vendredi 12 juin l’ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol à trente ans de prison. Il était poursuivi pour avoir ordonné l’envoi de drones militaires au-dessus de Pyongyang en octobre 2024, une opération destinée, selon l’accusation, à créer un prétexte à sa tentative avortée de loi martiale.
Un verdict pour abus de pouvoir et aide à l’ennemi
Yoon Suk Yeol, 65 ans, a été reconnu coupable d’abus de pouvoir et d’aide à l’ennemi par le tribunal central de Séoul. Les procureurs spéciaux avaient requis une peine lourde, estimant que l’ancien chef de l’État avait « fabriqué des conditions de guerre » en ordonnant l’incursion de drones dans l’espace aérien nord-coréen.
En octobre 2024, Pyongyang avait accusé Séoul d’avoir fait voler des drones à trois reprises au-dessus de son territoire pour y larguer des tracts de propagande. Le ministre de la Défense de l’époque, Kim Yong-hyun, avait opposé un déni vague, déclarant ne pouvoir « ni confirmer ni infirmer » les faits. Les tensions étaient montées en flèche sans déboucher sur un affrontement militaire.
Un parcours judiciaire déjà lourd
Cette condamnation s’ajoute à un casier judiciaire déjà chargé pour l’ex-président. En janvier 2026, Yoon avait écopé de cinq ans de prison pour obstruction à la justice et abus de pouvoir. En février, il avait été condamné à la prison à perpétuité pour insurrection, après sa déclaration de loi martiale en décembre 2024, destinée selon l’accusation à « paralyser » l’Assemblée nationale.
L’ancien président, qui a fait appel de sa condamnation à perpétuité, affirme avoir agi « uniquement dans l’intérêt de la nation ». Il nie toute implication dans l’opération de drones, assurant n’avoir « ni ordonné ni approuvé » la mission.
La Corée du Sud tourne la page
Yoon Suk Yeol a été destitué en 2025 après que la Cour constitutionnelle a confirmé sa mise en accusation. L’élection anticipée qui a suivi a porté au pouvoir le libéral Lee Jae-myung. L’ancien président, déjà en détention, peut faire appel de la décision rendue vendredi.
Cette affaire illustre la persistance des tensions entre les deux Corées, toujours techniquement en guerre. En janvier 2026, une enquête avait confirmé que des responsables gouvernementaux sud-coréens avaient bien envoyé des drones en Corée du Nord, ce que le président Lee avait qualifié de « comportement regrettable ».
La prochaine audience d’appel de Yoon Suk Yeol dans le dossier de l’insurrection est attendue dans les semaines à venir devant la Haute Cour de Séoul.
