Le Venezuela a signé lundi 15 juin un accord avec le géant américain General Electric pour remettre en état son réseau électrique. La présidente par intérim Delcy Rodriguez a annoncé un objectif de 1 000 mégawatts récupérés en deux ans, face aux coupures quotidiennes qui touchent la majeure partie du pays.
Un diagnostic de six semaines
L’accord a été conclu au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, en présence de dirigeants de GE Vernova, la division énergie du groupe américain forte de plus de 130 ans d’expérience dans les systèmes électriques, et de John Barret, chargé d’affaires des États-Unis au Venezuela. Pendant six semaines, les équipes de General Electric ont conduit une analyse du système électrique national, couvrant la production hydraulique et thermique, les goulets d’étranglement du transport ainsi que les besoins de maintenance différée. La présidente par intérim a qualifié cet accord d’« étape historique » pour le rétablissement d’un service jugé vital par la population.
Jusqu’à dix heures de coupures par jour
La majeure partie du Venezuela, y compris la capitale Caracas longtemps épargnée, subit des coupures d’électricité quotidiennes pouvant atteindre dix heures. Selon le député d’opposition Ezio Angelini, le pays produit environ 12 000 mégawatts par jour pour une consommation de 14 000 mégawatts, soit un déficit d’environ 16 %. Avant l’arrivée au pouvoir du chavisme, la production atteignait 20 000 mégawatts quotidiens.
Le gouvernement a par ailleurs signalé un pic de consommation de 15 579 mégawatts le 7 mai 2026, le plus élevé en neuf ans. Ce niveau illustre la tension croissante sur un réseau vieillissant, fragilisé par des décennies de sous-investissement et de maintenance insuffisante dans le secteur énergétique.
1 000 mégawatts en deux ans, 5 000 en quatre ans
Le partenariat prévoit de récupérer 1 000 mégawatts sur les 24 premiers mois, et plus de 5 000 mégawatts au total en quatre ans, a indiqué Delcy Rodriguez lors d’une cérémonie au palais présidentiel. Les volumes visés couvrent à la fois la remise en service d’unités à l’arrêt et la fiabilisation des actifs existants, sur la période 2026-2030.
Le complexe hydraulique du bas Caroní, dont le barrage de Guri concentre une puissance installée d’environ 10 gigawatts, constitue l’épine dorsale du mix électrique vénézuélien. Un projet hydroélectrique complémentaire à Tocoma doit ajouter 2 640 mégawatts de capacité. La remise à niveau des capacités hydrauliques et thermiques, l’amélioration de la disponibilité des groupes et la modernisation des postes de transformation seront déterminantes pour stabiliser le réseau.
Un secteur à rouvrir aux capitaux privés
Le secteur électrique vénézuélien avait été nationalisé en 2007 par Hugo Chavez, écartant quatorze entreprises dont certaines à capitaux étrangers. Le Parlement a engagé des travaux en vue d’une réforme destinée à rouvrir l’accès aux acteurs privés, afin d’attirer des investissements sur la génération et les réseaux.
Le gouvernement de transition, en place depuis la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis en janvier 2026, est sous pression de l’administration Trump pour ouvrir l’économie du pays aux entreprises américaines. Les experts préviennent que la relance de l’industrie pétrolière, activité principale du Venezuela, restera contrainte tant que le réseau électrique ne sera pas sécurisé, notamment pour l’alimentation des sites d’extraction, des unités de traitement et des infrastructures portuaires.
