Premier tournoi de sumo en France depuis trente ans, le Tournoi de Paris de Sumo se tient les 13 et 14 juin 2026 à l’Accor Arena. Soixante-deux lutteurs professionnels japonais, accompagnés d’une délégation de 150 personnes, ont fait le déplacement pour cet événement culturel et sportif sans précédent récent.
Une logistique calquée sur les déplacements d’État
L’organisation de l’événement a mobilisé des moyens comparables à un voyage officiel de haut rang. La délégation a été transportée par deux avions distincts, une précaution de sécurité habituellement réservée aux déplacements du Premier ministre japonais. Environ 200 kilogrammes de sel de Guérande ont également été acheminés, destinés aux rituels de purification shintoïstes pratiqués avant chaque combat.
La dernière venue de l’élite du sumo en France remontait à 1995, dans cette même salle alors appelée le Palais omnisports de Paris-Bercy. Le président Jacques Chirac, amateur de culture japonaise, avait plaidé pour un retour régulier de la discipline dans la capitale. Les contraintes logistiques et financières, ainsi que la complexité des négociations avec la Japan Sumo Association, ont repoussé le projet de trois décennies.
Pour Stéphane Rothschild, l’un des organisateurs cité par RMC Sport, le transport des rikishis obéit à un protocole strict : « comme pour le Président et le Premier ministre, les rikishis doivent être séparés pour qu’en cas de problème, il en reste des survivants ». Une illustration du statut quasi-officiel dont jouissent ces athlètes au Japon.
Un événement inscrit dans le centenaire de la fédération japonaise
Le tournoi s’inscrit dans le cadre du centenaire de la Japan Sumo Association, l’instance qui régit ce sport national considéré comme sacré dans l’archipel. La France demeure le seul pays étranger à avoir accueilli un tournoi officiel de sumo, un privilège qui témoigne des liens culturels entretenus entre Paris et Tokyo depuis plusieurs décennies.
Parmi les têtes d’affiche figure Hoshoryu Tomokatsu, yokozuna d’origine mongole mesurant 1,88 mètre pour 150 kilogrammes, connu pour ses techniques de projection et de déséquilibre. Onosato, autre figure majeure du circuit professionnel japonais, est également présent. Aonishiki Arata, 21 ans, yokozuna né en Ukraine et arrivé au Japon en 2022, complète la délégation des plus hauts gradés.
Plus de 10 000 spectateurs attendus chaque journée
L’Accor Arena, dont la capacité maximale atteint 20 000 places en configuration concert, accueillera plus de 10 000 spectateurs par journée, selon les organisateurs. Les billets, mis en vente plusieurs mois avant l’événement et proposés à des prix débutant autour de 50 euros, ont trouvé preneurs rapidement.
Le programme propose, au-delà des combats, une immersion dans les traditions japonaises. Chaque affrontement est précédé d’un rituel shintoïste de purification : les lutteurs jettent du sel dans l’arène de terre battue, le dohyo, pour en chasser les mauvais esprits, selon une pratique inchangée depuis des siècles. Le dohyo lui-même est recouvert d’argile, un matériau qui évoque les courts en terre battue de Roland-Garros.
Produit par David Rothschild et AEG Presents, le tournoi a nécessité plusieurs années de négociations avec les autorités japonaises. France Télévisions assure la diffusion de l’événement. La seconde et dernière journée se déroule le dimanche 14 juin à l’Accor Arena.
