Le Comité central du Parti communiste cubain (PCC) a approuvé mercredi 17 juin un paquet de réformes visant à ouvrir davantage l’économie de l’île au secteur privé. Les mesures doivent encore être adoptées par l’Assemblée nationale, réunie jeudi en session exceptionnelle.
La plus haute instance du PCC a donné son feu vert à un ensemble de réformes économiques et sociales présentées par le président Miguel Díaz-Canel. La gamme d’activités ouvertes au secteur privé sera « la plus large possible », a déclaré le dirigeant cubain. Les Cubains résidant à l’étranger bénéficieront des mêmes conditions que les investisseurs étrangers, selon les nouvelles dispositions.
Un secteur privé en expansion
Le secteur privé cubain compte environ 10 000 entreprises et emploie un tiers de la population active. Depuis 2021, les entreprises privées sont autorisées jusqu’à 100 salariés. Les nouvelles mesures prévoient d’élargir la gamme d’activités accessibles au secteur privé, sans en préciser le nombre exact. Le Premier ministre Manuel Marrero a précisé que ces réformes « n’impliquent en aucun cas de renoncer à la responsabilité sociale de l’État ».
L’État prévoit également une réduction du nombre de ministères et de fonctionnaires. Les entreprises mixtes entre l’État et des acteurs privés sont déjà autorisées depuis plusieurs années, de même que l’investissement et la détention d’entreprises par la diaspora cubaine.
Le soutien de Raul Castro
Raul Castro, 95 ans, ancien président et frère de Fidel Castro, a apporté son soutien aux réformes dans une lettre lue lors de la réunion plénière du Comité central. Il a estimé que ces mesures correspondent à « ce qui convient le mieux à la révolution à l’heure actuelle ». Raul Castro n’occupe plus de fonction officielle depuis 2021 mais conserve une influence décisive sur les grandes orientations de l’île. Il a été inculpé en mai 2026 aux États-Unis pour avoir ordonné en 1996 des tirs sur deux avions civils.
Une crise économique sans précédent
Ces réformes interviennent dans un contexte de grave crise économique à Cuba. L’embargo américain est en vigueur depuis 1962. Depuis janvier 2026, le président américain Donald Trump a imposé un embargo pétrolier supplémentaire à l’île, accentuant les difficultés. Le pays connaît des coupures de courant généralisées, des pénuries de nourriture, de carburant, d’eau potable et de médicaments.
Plusieurs investisseurs étrangers se sont désengagés récemment par crainte des sanctions américaines. Washington applique une politique de pression maximale, visant un changement de modèle économique, voire de régime, à Cuba. Les discussions entre La Havane et Washington se poursuivent néanmoins.
Un propriétaire d’un petit supermarché privé à La Havane, interrogé sous couvert d’anonymat, a déclaré accueillir favorablement « tout changement qui contribue à ranimer le patient mourant », en référence à l’économie cubaine.
L’Assemblée nationale du pouvoir populaire doit se réunir jeudi en session exceptionnelle pour l’adoption définitive des réformes.
