Donald Trump a présenté vendredi 19 juin le nouvel avion présidentiel américain Air Force One, un Boeing 747-8 offert par le Qatar que le président américain a qualifié de « Maison Blanche volante ».
La cérémonie de présentation s’est déroulée sur la base aérienne d’Andrews, dans le Maryland, à une vingtaine de kilomètres de Washington. Le président Trump a dévoilé l’appareil devant des membres de son administration, des responsables militaires et des représentants de l’émirat du Golfe, selon des informations rapportées par les journalistes présents sur place, dont l’agence AFP.
L’avion offert par le Qatar remplace l’ancien Air Force One, un Boeing 747-200 qui équipait la présidence américaine depuis les années 1990 sous les administrations Clinton, Bush, Obama, Biden et Trump. Le précédent appareil présidentiel avait effectué son dernier vol le 19 juin, un trajet qui a marqué la fin de plusieurs décennies de service pour cette version de l’appareil. Les États-Unis ont officiellement tourné la page du 747 classique avec ce vol d’adieu.
S’adressant à l’assistance sur le tarmac de la base Andrews, Donald Trump a déclaré que le nouvel avion était « la plus belle Maison Blanche volante jamais construite », selon des propos rapportés par les journalistes présents. Le président a remercié le Qatar pour ce don, sans donner davantage de détails sur les termes de l’accord.
Les modalités financières de cette cession n’ont pas été officiellement communiquées par la Maison Blanche ni par les autorités qataries. Le Boeing 747-8, dernier modèle du constructeur américain, mesure plus de 76 mètres de long et peut transporter jusqu’à 467 passagers dans sa configuration civile standard. La version présidentielle est équipée de systèmes de communication sécurisés pour les conversations classifiées, de contre-mesures électroniques antimissiles et d’un centre médical mobile permettant d’assurer la continuité des soins au chef de l’État en vol.
La livraison s’inscrit dans le cadre des relations diplomatiques et économiques entre les États-Unis et le Qatar. Doha entretient des liens étroits avec Washington dans plusieurs domaines, notamment énergétique et militaire. Les États-Unis maintiennent sur le territoire qatari la base aérienne d’Al-Udeid, qui abrite le quartier général du commandement central américain (Centcom) pour l’ensemble du Moyen-Orient, l’une des installations militaires américaines les plus stratégiques de la région.
L’Air Force One constitue l’un des symboles les plus reconnaissables de la présidence américaine dans le monde. Exploité par l’US Air Force au sein du 89th Airlift Wing, l’appareil sert de centre de commandement mobile présidentiel. Il permet au chef de l’État de gouverner depuis les airs lors de ses déplacements internationaux, avec des liaisons sécurisées vers le Pentagone, la Maison Blanche et les services de renseignement. La flotte présidentielle comprend deux appareils identiques, qui utilisent l’indicatif d’appel Air Force One uniquement lorsque le président est à bord.
Le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, a considérablement renforcé sa présence sur la scène diplomatique ces dernières années. L’émirat a joué un rôle de médiateur dans plusieurs crises internationales : en Afghanistan après le retrait américain de 2021, dans les négociations entre factions palestiniennes, et plus récemment dans les discussions autour de la libération d’otages au Proche-Orient. Doha accueille également le principal bureau politique du Hamas.
La présentation du nouvel Air Force One intervient au lendemain du sommet du G7 qui s’est tenu au Canada, et à la veille d’un dîner prévu entre Donald Trump et Emmanuel Macron au château de Versailles dimanche 21 juin. Les deux chefs d’État doivent notamment aborder les questions de sécurité internationale et de commerce transatlantique, alors que Washington a récemment menacé la France de droits de douane de 100 % sur le vin. Ce dîner de dimanche constituera la première rencontre bilatérale entre les deux dirigeants depuis le sommet.
