En réponse à la grève massive du 10 juin, la SNCF annonce le versement d’une prime exceptionnelle de 100 euros brut à l’ensemble de ses cheminots sur la fiche de paie de juillet. L’entreprise propose également une revalorisation salariale de 2,56 % et des embauches supplémentaires.
La direction de la SNCF a annoncé mardi 23 juin l’attribution d’une prime de 100 euros brut pour chaque cheminot, versée dès le mois de juillet. Cette mesure fait suite à la grève du 10 juin, qui a mobilisé près de la moitié des salariés du groupe, selon les chiffres communiqués par la CGT. L’intersyndicale dénonçait la filialisation de l’entreprise et réclamait une revalorisation des salaires dans un contexte d’ouverture à la concurrence.
Près de 150 000 salariés sont concernés par cette prime exceptionnelle, rapporte Sud Ouest. Selon BFMTV, la direction s’engage également sur 450 recrutements supplémentaires, dont une centaine dans les fonctions des ressources humaines. Ces embauches visent à accompagner la transformation de l’entreprise publique, qui doit faire face à l’arrivée de nouveaux opérateurs sur le réseau ferroviaire français.
La grève du 10 juin avait été l’une des plus suivies à la SNCF ces dernières années. Les syndicats protestaient contre la création de filiales destinées à répondre aux appels d’offres des régions pour l’exploitation des lignes de trains Intercités et TER. Ce processus, engagé dans le cadre de la réforme ferroviaire, vise à mettre en concurrence les opérateurs historiques et privés. Si les élus régionaux y voient une opportunité d’augmenter l’offre et d’améliorer la qualité du service, les organisations syndicales craignent une intensification de la productivité au détriment des conditions de travail.
L’ouverture à la concurrence du marché ferroviaire français s’accélère depuis 2023. Plusieurs régions ont déjà lancé des appels d’offres pour l’exploitation de leurs lignes TER, et de nouveaux opérateurs privés sont entrés sur le marché des trains grandes lignes. La SNCF, qui conservait jusqu’alors un monopole de fait, doit désormais composer avec une concurrence croissante sur l’ensemble de ses segments d’activité.
Une revalorisation salariale en parallèle
Au-delà de la prime exceptionnelle, la SNCF a ouvert à la signature des syndicats un accord salarial pour 2026. Selon Le Parisien et Le Revenu, l’entreprise propose une augmentation moyenne de 2,56 % pour l’ensemble de ses employés. Les négociations salariales annuelles se poursuivent avec les organisations représentatives, qui disposent de plusieurs semaines pour se prononcer sur le texte.
La direction justifie ces mesures par la nécessité de répondre aux revendications exprimées lors du mouvement de grève, tout en accompagnant la transformation structurelle du groupe public ferroviaire. Le 10 juin, les cheminots avaient également dénoncé un « mal-être » lié aux réorganisations en cours, selon plusieurs sources syndicales.
Un dialogue social sous tension
Les syndicats jugent ces annonces insuffisantes au regard des enjeux. La CGT a qualifié la proposition salariale de « pas à la hauteur » des attentes des cheminots, tandis que d’autres organisations représentatives réservent leur réponse en attendant des précisions sur les modalités de mise en œuvre.
Du côté du gouvernement, le ministère des Transports a salué l’ouverture de négociations tout en appelant à un apaisement rapide du dialogue social dans une entreprise engagée dans une transformation structurelle majeure.
Le mouvement du 10 juin avait mis en lumière des inquiétudes profondes parmi les salariés du groupe. Au-delà de la question salariale, la crainte d’une dégradation des conditions de travail dans un marché ferroviaire ouvert à la concurrence reste au cœur des préoccupations syndicales.
Prévue dans le cadre de la table ronde du 23 juin, cette série d’annonces ouvre une nouvelle phase de négociations entre la direction et les syndicats. Les prochaines semaines devraient permettre de préciser les contours de l’accord salarial et les modalités des recrutements annoncés.
