Pékin a renforcé ses restrictions sur les exportations de terres rares, dans le cadre du conflit commercial avec Washington. Les nouvelles mesures imposent des contrôles renforcés et visent des entreprises américaines du secteur de la défense et des technologies.
La Chine a imposé, le 22 juin 2026, de nouvelles mesures de contrôle des exportations de terres rares, ciblant des entreprises américaines. Selon plusieurs médias, dont Boursorama et l’Agence France-Presse, Pékin a ajouté des dizaines de sociétés américaines à une liste noire restreignant leur accès aux minerais stratégiques. Ces sanctions étendent le contrôle des exportations aux terres rares lourdes, une escalade notable dans la guerre technologique entre les deux puissances.
Les terres rares sont essentielles à la fabrication de batteries, d’aimants permanents, de systèmes de guidage militaire et d’équipements électroniques. La Chine détient environ 60 % de la production mondiale et plus de 85 % de la capacité de raffinage, ce qui lui confère un levier considérable dans les négociations commerciales. Le gouvernement chinois assume et revendique cet instrument de pression, comme le souligne Le Monde dans son édition du 25 juin.
L’administration Trump avait annoncé en février 2026 la création d’une réserve stratégique de terres rares d’une valeur de 12 milliards de dollars, rapportait alors le quotidien l’Opinion, afin de réduire la dépendance américaine vis-à-vis des approvisionnements chinois. L’Union européenne cherche également à diversifier ses sources, Bruxelles jugeant nécessaire de réduire sa vulnérabilité dans ce secteur critique pour la transition énergétique et la défense.
Ces nouvelles restrictions interviennent après une série de mesures de rétorsion chinoises. Le 22 juin, Pékin avait déjà sanctionné des dizaines d’entreprises américaines en réponse aux restrictions américaines sur les semi-conducteurs. La Chine avait également interdit l’exportation de gallium vers le Japon pendant quatre mois, avant de reprendre les expéditions le 21 juin, selon l’agence officielle chinoise.
Les tensions sur les minerais stratégiques s’inscrivent dans un contexte plus large de guerre technologique entre les États-Unis et la Chine. Washington impose depuis 2023 des restrictions croissantes sur les exportations de semi-conducteurs et d’équipements de fabrication de puces vers la Chine. Pékin riposte en utilisant sa domination sur les terres rares, indispensables aux industries de défense et de haute technologie américaines.
Le durcissement chinois intervient alors que le G7, réuni en France la semaine précédente, a discuté des moyens de contrer ce qu’il qualifie de coercition économique chinoise. Les pays du G7 Commerce se sont engagés à muscler leur réponse face à l’utilisation des matières premières comme arme commerciale, selon France 24. Le Japon, particulièrement dépendant des terres rares chinoises, a condamné les restrictions et cherche à sécuriser ses approvisionnements via des accords avec l’Australie et l’Inde.
Les entreprises européennes commencent à ressentir les conséquences de ces restrictions. Plusieurs industries, de l’automobile à l’électronique, dépendent des terres rares pour la production de moteurs électriques, d’éoliennes et d’équipements médicaux. Selon des experts cités par Les Echos, les prix des terres rares ont augmenté de 30 % depuis le début de l’année 2026. Les réserves stratégiques constituées par certains États ne couvriraient que quelques mois de consommation en cas de rupture totale d’approvisionnement. L’Agence internationale de l’énergie a estimé que la demande mondiale de terres rares pourrait tripler d’ici 2030 sous l’effet de la transition énergétique.
Le Pentagone a identifié les terres rares comme un enjeu de sécurité nationale. Les aimants permanents au néodyme sont indispensables aux systèmes de guidage de missiles, aux radars et aux sonars. L’armée américaine cherche à relocaliser une partie de la production sur son territoire, mais les projets miniers peinent à obtenir les autorisations environnementales nécessaires. La Chine conserve un avantage compétitif décisif grâce à ses coûts de production plus faibles et à une règlementation environnementale moins contraignante.
