Le Congrès des États-Unis a ordonné à Donald Trump de retirer les troupes américaines engagées dans le conflit avec l’Iran. Le Sénat a adopté mardi 23 juin une résolution en ce sens, déjà approuvée par la Chambre des représentants, dans un vote qui constitue un camouflet pour le président américain.
Un vote bipartisan au Sénat
La résolution a été adoptée par le Sénat avec le soutien de quatre élus républicains, qui se sont joints aux voix démocrates. Le texte avait déjà été approuvé par la Chambre des représentants, où une majorité s’était également dégagée pour exiger le retrait des forces américaines du conflit qui oppose les États-Unis à l’Iran depuis plusieurs mois.
Ce vote intervient dans le cadre de la loi sur les pouvoirs de guerre (War Powers Resolution), adoptée en 1973, qui permet au Congrès d’ordonner au président de retirer les troupes engagées dans un conflit à l’étranger sans autorisation préalable du Parlement.
Donald Trump dénonce un vote « antipatriotique »
Donald Trump a immédiatement réagi en dénonçant un vote « antipatriotique » sur ses réseaux sociaux. Le président américain a fustigé les élus républicains ayant voté en faveur du texte, qu’il accuse de faire le jeu de Téhéran. La Maison-Blanche n’a pas encore indiqué si elle entendait se conformer à la résolution.
Bien que le texte ait une portée largement symbolique, le président peut opposer son veto ou invoquer son autorité de commandant en chef. Il s’agit néanmoins d’un signal politique fort adressé à l’administration Trump, dont la gestion du conflit iranien suscite des critiques croissantes au sein même du parti républicain.
Une escalade militaire sous surveillance du Congrès
Depuis le début de l’année 2026, les États-Unis et l’Iran sont engagés dans un conflit armé qui a provoqué des milliers de victimes et une crise humanitaire au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz a été fermé à plusieurs reprises, provoquant des perturbations sur les marchés pétroliers mondiaux. Les tentatives de négociation, dont une médiation par le Pakistan et des pourparlers en Suisse, n’ont pas abouti à un cessez-le-feu durable.
La résolution adoptée mardi par le Congrès intervient alors que l’administration Trump a récemment annoncé un réexamen de la présence militaire américaine en Europe, et que les relations avec plusieurs alliés, dont l’Italie et la France, se sont tendues autour de la gestion du conflit.
Les observateurs notent que le vote du Congrès, bien que non contraignant dans l’immédiat, pourrait contraindre Donald Trump à engager un processus de désescalade ou à justifier devant l’opinion publique américaine la poursuite de l’engagement militaire en Iran.
La War Powers Resolution au cœur du débat
La loi sur les pouvoirs de guerre adoptée en 1973 permet au Congrès d’exiger le retrait des forces américaines engagées dans un conflit sans déclaration de guerre formelle. Invoquée à plusieurs reprises par le passé, notamment sous Ronald Reagan au Liban et sous Barack Obama en Libye, elle donne au Congrès un outil constitutionnel pour limiter la capacité du président à engager unilatéralement l’armée dans des opérations militaires de long terme.
L’administration Trump a justifié l’intervention militaire en Iran par la nécessité de protéger les alliés américains dans la région et de sécuriser le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport pétrolier mondial. Téhéran a de son côté dénoncé une agression et appelé la communauté internationale à condamner Washington.
Quatre voix républicaines qui changent la donne
Le ralliement de quatre sénateurs républicains au texte démocrate illustre les fractures croissantes au sein du parti présidentiel sur la conduite de la guerre. Plusieurs élus conservateurs avaient déjà exprimé leurs réserves sur l’absence de stratégie de sortie claire. La résolution a été adoptée alors que les conséquences humanitaires et économiques du conflit s’aggravent, avec des milliers de déplacés et des prix du pétrole toujours élevés sur les marchés internationaux.
