Cuba a subi mardi 14 juillet une troisième coupure électrique générale en moins de dix jours, plongeant dans le noir l’ensemble de l’île de 9,6 millions d’habitants, a confirmé la compagnie nationale d’électricité.
Un réseau déjà fragilisé
Le réseau électrique cubain a été déconnecté en milieu de journée, provoquant une panne généralisée sur l’ensemble du territoire. Il s’agit de la troisième panne de cette ampleur en moins de dix jours. La précédente remontait au 10 juillet, lorsqu’une deuxième coupure avait privé l’île de courant pendant plusieurs heures. Une première panne était survenue au début du mois de juillet. Chaque incident entraîne un arrêt total de la distribution d’électricité sur l’île, des grandes villes comme La Havane et Santiago de Cuba jusqu’aux zones rurales les plus reculées de l’est du pays. Le retour à la normale prend généralement entre douze et vingt-quatre heures, selon les secteurs concernés et la disponibilité en carburant.
Le blocus pétrolier américain en cause
La faible disponibilité de carburant complique le processus de relance du réseau après chaque coupure, selon les autorités cubaines. Le président Miguel Díaz-Canel a imputé ces pannes récurrentes à la politique de sanctions renforcée imposée par l’administration Trump depuis janvier 2026. Les États-Unis ont durci leur embargo pétrolier contre Cuba, limitant les livraisons de combustible nécessaires au fonctionnement des centrales thermiques de l’île. Les sanctions empêchent également l’importation de pièces détachées pour la maintenance des infrastructures électriques vieillissantes. La capacité de production du réseau cubain a diminué d’environ 30 % depuis la mise en place des restrictions pétrolières américaines, selon les données officielles.
Un rétablissement lent et difficile
Après la panne du 10 juillet, la compagnie électrique de La Havane avait annoncé le rétablissement du courant pour plus de 65 % des foyers de la capitale, qui compte 1,7 million d’habitants. Mais la faible disponibilité de fioul avait déjà, à l’époque, ralenti le processus de remise en service du système électrique. La répétition des pannes, espacées de seulement quelques jours, illustre les difficultés structurelles du réseau cubain. Ce dernier dépend à plus de 70 % des centrales thermiques alimentées au pétrole importé, ce qui le rend vulnérable à la moindre perturbation des approvisionnements en carburant. La vétusté des installations, dont certaines datent des années 1980, aggrave encore la situation technique du réseau.
Des conséquences sur la population
Les coupures à répétition affectent l’ensemble de la vie quotidienne des Cubains. La conservation des aliments, l’accès à l’eau potable et le fonctionnement des hôpitaux sont perturbés à chaque panne. Les écoles et les commerces doivent régulièrement fermer leurs portes. Dans plusieurs quartiers de La Havane, des files d’attente se forment devant les points de distribution d’eau et de denrées de base. Les autorités cubaines appellent la population à la patience alors que les équipes techniques travaillent au rétablissement du réseau. Des groupes électrogènes de secours ont été déployés dans les principaux hôpitaux pour garantir la continuité des soins.
Une crise énergétique qui s’aggrave
Cuba traverse sa pire crise énergétique depuis des décennies. Les pannes de courant généralisées étaient jusqu’alors espacées de plusieurs mois, mais leur fréquence s’est accélérée depuis le renforcement de l’embargo pétrolier américain. Plusieurs organisations internationales, dont l’ONU, ont appelé à un allégement des sanctions pour permettre à la population cubaine d’accéder aux produits de première nécessité. La Russie et le Venezuela ont proposé des livraisons de carburant, mais les quantités restent insuffisantes pour compenser l’arrêt des importations en provenance des États-Unis et de pays tiers. Aucune amélioration immédiate n’est attendue alors que la saison des ouragans, qui débute en juin, accroît la vulnérabilité des infrastructures électriques de l’île face aux risques de tempêtes et d’inondations.
