L’epidemie de maladie a virus Ebola a fait 1 001 morts en Republique democratique du Congo (RDC) et en Ouganda, selon le dernier bilan communique mercredi 22 juillet par l’Organisation mondiale de la sante (OMS). Le seuil des 1 000 deces a ete franchi alors que le variant Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement approuve, continue de se propager dans l’est de la RDC.
Au total, 999 deces et 2 473 cas confirmes ont ete recenses en RDC depuis le debut de l’epidemie, declaree officiellement le 15 mai, a indique l’OMS dans un point de situation date du 20 juillet. En Ouganda voisin, le bilan est maintenu a deux morts pour 20 cas confirmes. Les autorites ougandaises ont affirme la semaine derniere ne plus compter de malade actif. Le pays doit toutefois attendre encore un mois sans nouveau cas pour etre officiellement considere comme exempt du virus.
Un foyer concentre dans la province de l’Ituri
Le foyer principal de l’epidemie se situe dans la province de l’Ituri, dans le Nord-Est congolais, frontaliere du Soudan du Sud et de l’Ouganda. Cette province concentre 89,1 % des cas et 83,9 % des deces, selon les donnees de l’OMS. La ville de Bunia, capitale de l’Ituri, et ses environs connaissent une transmission tres intense, a precise Thierno Balde, responsable de la gestion de l’incident a l’OMS en RDC, lors d’un point presse a Geneve.
Le virus est egalement present dans quatre autres provinces, dont celles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ou les capitales provinciales et de larges pans de territoire sont controles par le groupe arme antigouvernemental M23. Cette situation complique l’acces aux soins et la lutte contre la propagation du virus.
Un variant sans vaccin ni traitement specifique
La 17e epidemie de maladie a virus Ebola en RDC est causee par le variant Bundibugyo, pour lequel il n’existe a ce jour ni vaccin ni traitement approuve. Un essai clinique portant sur deux traitements contre cette souche rare a commence debut juillet, selon l’OMS. L’organisation a egalement accorde une autorisation d’utilisation d’urgence au premier test de diagnostic moleculaire du virus. La semaine derniere, l’OMS a aussi annonce le premier essai de securite du vaccin ChAdOx1, developpe sous la direction de l’universite d’Oxford (Royaume-Uni).
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fievre hemorragique, a tue plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernieres annees. L’epidemie la plus meurtriere en RDC avait fait pres de 2 300 morts pour 3 500 malades recenses, entre 2018 et 2020.
L’ampleur reelle encore difficile a mesurer
Selon Thierno Balde, responsable de la gestion de l’incident a l’OMS en RDC, l’epidemie conserve une longueur d’avance sur les equipes sanitaires. Nous sommes encore dans une phase ou nous tentons de rattraper son evolution, a-t-il declare mardi devant la presse a Geneve. Le responsable a precise que la priorite de l’OMS reste le controle de la situation dans les zones de transmission intense.
L’ampleur reelle de la crise est encore difficile a mesurer et pourrait durer plusieurs mois, a prevenu l’organisation. La progression du virus dans des zones touchees par les conflits armes et l’insecurite complique l’acheminement de l’aide medicale et la surveillance epidemiologique.
La mobilisation internationale face a l’epidemie
L’OMS a classe l’epidemie d’Ebola en RDC et en Ouganda comme urgence de sante publique de portee internationale, un statut qui permet de mobiliser des fonds et des ressources supplementaires. Les Centres africains de controle et de prevention des maladies (Africa CDC) ont appele les Etats-Unis a lever les restrictions de voyage imposees a l’Ouganda, estimant qu’elles entravent la reponse sanitaire regionale. Des mesures frontalieres speciales ont ete mises en place par plusieurs pays, dont le Canada, pour limiter la propagation du virus. Selon Medecins sans frontieres, le rythme de propagation est sans precedent et necessite une intensification urgente des moyens de confinement.
