Au moins 50 militaires maliens sont morts samedi 18 juillet dans une attaque des indépendantistes touaregs et des jihadistes contre un convoi de l’armée qui quittait la ville stratégique d’Anéfis, dans le nord du pays, selon des sources locales et militaires jointes par l’AFP. Il s’agit de l’une des attaques les plus meurtrières subies par l’armée malienne depuis le début du conflit.
Le convoi, qui se dirigeait vers Gao, la grande ville du nord du Mali, a été pris pour cible par une offensive coordonnée du Front de libération de l’Azawad (FLA), mouvement indépendantiste touareg, et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), alliance jihadiste affiliée à Al-Qaïda. La ville d’Anéfis est depuis plusieurs semaines le théâtre d’âpres combats pour son contrôle entre l’armée malienne et ces groupes armés, selon des sources sécuritaires concordantes citées par Le Figaro, France 24 et RFI.
Cette attaque coordonnée entre des groupes aux objectifs historiquement divergents (les indépendantistes touaregs du FLA luttent pour l’autonomie du Nord, tandis que le Jnim mène un jihad régional) marque une escalade dans la stratégie des groupes armés au Sahel. Selon des analystes cités par Jeune Afrique et la BBC, cette convergence opérationnelle, observée depuis plusieurs mois, complique la tâche des forces armées maliennes et de leurs partenaires russes déployés sur le terrain via le corps Africa Corps.
L’attaque a eu lieu alors que le convoi quittait Anéfis pour rejoindre Gao, principale agglomération du nord du Mali, a précisé une source militaire à l’AFP dimanche 19 juillet. Les circonstances exactes de l’embuscade restent à établir, mais plusieurs témoignages font état d’une attaque coordonnée de grande ampleur, combinant tirs d’armes lourdes et légères. Le Jnim a revendiqué l’opération dans un communiqué diffusé sur ses canaux de propagande habituels.
France 24, RFI, Jeune Afrique et la BBC confirment le bilan d’au moins 50 morts. Plusieurs sources évoquent un nombre de victimes potentiellement plus élevé, les opérations de secours et de récupération des corps étant toujours en cours dimanche. La Libre Belgique et Le Soir relayent également l’information, citant l’AFP comme source initiale, confirmant la large couverture médiatique de l’événement.
Cette attaque survient dans un contexte de dégradation sécuritaire accélérée au Mali. Le pays est en proie depuis 2012 à une crise profonde, nourrie par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, ainsi que par les revendications indépendantistes touaregs dans le nord. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, la junte militaire au pouvoir a rompu l’alliance avec la France et s’est rapprochée de la Russie, mais la situation sécuritaire continue de se détériorer sur le terrain.
L’armée malienne n’a pas encore communiqué officiellement sur le bilan exact de cette attaque, l’une des plus lourdes subies par les Forces armées maliennes (FAMa) depuis le début de la crise. Les autorités de transition, qui avaient promis de rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire, font face à une pression croissante alors que les groupes armés multiplient les actions coordonnées, notamment dans le nord et le centre du pays.
Cette offensive intervient dans un climat régional tendu au Sahel. Selon l’Africa Center for Strategic Studies, plus de 400 soldats ont été tués en un mois dans la région par les groupes jihadistes, un chiffre qui témoigne de l’ampleur de la menace sécuritaire. Les attaques coordonnées entre le Jnim et le FLA, autrefois adversaires, constituent une évolution notable de la dynamique conflictuelle malienne et sahélienne.
L’Union africaine et l’ancienne Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), retirée du pays fin 2023, suivent la situation avec attention. Plusieurs capitales occidentales ont appelé à la retenue et au dialogue, tandis que la junte malienne mise sur ses partenariats avec la Russie et d’autres pays pour tenter d’endiguer la violence.
