Une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU a accusé Israël, mardi 23 juin, de « cibler » les enfants palestiniens dans la bande de Gaza. Le rapport dénonce la poursuite d’un « génocide » dans le territoire palestinien.
La commission d’enquête, créée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, a publié son nouveau rapport mardi 23 juin. Dans un communiqué, son président, Srinivasan Muralidhar, a déclaré qu’« en prenant pour cible des enfants, Israël s’attaque à la capacité même du peuple palestinien d’exister et de déterminer son avenir ». Le rapport estime que « le ciblage délibéré des enfants est l’un des éléments clés permettant d’établir l’intention génocidaire des autorités et forces de sécurité israéliennes de détruire le groupe palestinien, dans son ensemble ou en partie, à Gaza ». Selon la commission, « les preuves montrent que des enfants palestiniens ont été délibérément pris pour cible et tués par les forces de sécurité israéliennes ».
Israël a dénoncé ce rapport « diffamatoire », l’accusant de « passer sous silence les tactiques brutales du Hamas, qui s’en prend sans pitié aux enfants israéliens et utilise des enfants palestiniens comme boucliers humains », selon un communiqué officiel. Le gouvernement israélien a également reproché à la commission de ne pas mentionner les tirs de roquettes du Hamas depuis des zones civiles.
La commission d’enquête, mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU mais ne s’exprimant pas au nom de l’organisation, avait déjà conclu en septembre 2025 qu’« un génocide se produit à Gaza et continue de se produire » dans l’enclave. Après la publication de ce premier rapport, le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, avait déclaré voir des « preuves grandissantes » d’un génocide à Gaza.
Créée en 2021 par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, cette commission est composée de trois experts indépendants : Srinivasan Muralidhar, ancien juge indien, Miloon Kothari, expert indien en droits humains, et Chris Sidoti, avocat australien. Israël a refusé de coopérer avec la commission depuis sa création, qu’il accuse de partialité systématique. Les États-Unis, allié proche d’Israël, se sont également opposés au mandat de la commission.
Le rapport de mardi s’appuie sur des entretiens avec des témoins, des images satellite, des rapports médicaux et des documents officiels, selon la commission. Il examine la période allant d’octobre 2023 à juin 2026, incluant les différents épisodes de conflit dans la bande de Gaza et leurs conséquences sur la population civile, en particulier les enfants. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), plus de 35 000 personnes ont été tuées à Gaza depuis le début de la guerre, dont une proportion significative de femmes et d’enfants.
Ce nouveau rapport intervient alors que les négociations entre Israël et le Hamas se poursuivent sous médiation internationale, sans accord sur un cessez-le-feu durable ni sur la libération des otages détenus dans la bande de Gaza depuis l’attaque du 7 octobre 2023. Parallèlement, les pourparlers entre Israël et le Liban ont repris mardi à Washington, dans l’ombre des discussions entre l’Iran et les États-Unis en Suisse.
Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont appelé la communauté internationale à agir sur la base des conclusions de la commission. L’Union européenne n’a pas officiellement réagi au rapport dans l’immédiat. La prochaine session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, prévue en juillet 2026, devrait examiner les recommandations de la commission.
Selon l’UNICEF, près d’un million d’enfants à Gaza ont été déplacés de force depuis le début du conflit, et des centaines de milliers d’autres subissent des traumatismes psychologiques sévères. Le système scolaire dans l’enclave est en grande partie détruit, privant des générations entières d’accès à l’éducation, selon l’agence onusienne.
