Donald Trump a signé, lundi 20 juillet, un décret imposant 50 % de droits de douane supplémentaires sur plusieurs produits canadiens. Le président américain justifie cette mesure par «le traitement discriminatoire du Canada» sur les biens américains, dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre Washington et Ottawa.
Vin, ciment, crosses de hockey : des produits ciblés
Les nouvelles taxes douanières, qui doivent entrer en vigueur dans un mois, visent une large gamme de produits canadiens : le vin, les crosses de hockey, le ciment et bien d’autres biens manufacturés. Les produits entrant aux États-Unis dans le cadre de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), qui avait pourtant été négocié pour fluidifier les échanges nord-américains, seront également concernés par ces nouvelles surtaxes. Ce durcissement tarifaire s’ajoute aux droits de douane sectoriels déjà imposés par l’administration Trump, notamment sur l’acier et l’aluminium canadien, qui pesaient déjà significativement sur les exportations du pays.
Un conflit commercial aux racines anciennes
Les relations commerciales entre les deux pays se sont tendues ces derniers mois autour de plusieurs dossiers sensibles. Le différend sur les produits laitiers canadiens, que Washington accuse de bénéficier d’une protection excessive via le système de gestion de l’offre, est l’un des principaux points de friction. S’y ajoutent les tensions sur les exportations d’alcool et le secteur automobile, où le Canada est accusé de favoriser ses filières locales au détriment des concurrents américains. Selon Franceinfo, qui cite le décret présidentiel, ces nouveaux droits de douane sont présentés comme une réponse «au traitement discriminatoire du Canada sur les produits américains».
Les feux de forêt attisent les tensions
Cette escalade intervient dans un climat déjà très tendu entre les deux voisins nord-américains. Vendredi, Donald Trump s’en était pris au Canada en raison de la sévère pollution de l’air qui affecte le nord-est des États-Unis, causée par les feux de forêt qui brûlent chez son voisin du nord. Le président américain menaçait alors Ottawa de droits de douane plus lourds pour couvrir le «coût de cette pollution», selon les termes employés depuis la Maison-Blanche. Plus de trois millions d’hectares ont déjà été ravagés par les flammes au Canada cette saison, selon les données du gouvernement canadien rapportées par Le Monde, une situation qui aggrave encore les tensions bilatérales.
La classe politique canadienne appelle à riposter
Face à cette nouvelle offensive commerciale, la classe politique canadienne ne cache pas sa colère. Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une réponse «dollar pour dollar» aux sanctions américaines, selon les médias canadiens. Le premier ministre Justin Trudeau n’a pas encore annoncé de mesures de rétorsion officielles, mais les pressions s’intensifient sur son gouvernement. Le Canada, également confronté à une saison des incendies historique et à une inflation toujours présente, se trouve pris dans un étau économique et environnemental délicat. Si certains produits canadiens non inclus dans l’ACEUM sont soumis à des droits de douane temporaires de 10 %, il ne s’agit que d’une minorité des exportations totales.
La guerre commerciale de Trump s’élargit
Cette décision s’inscrit dans la politique commerciale agressive menée par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche. Après avoir imposé des surtaxes sur l’acier, l’aluminium et divers secteurs industriels, le président américain élargit désormais son champ d’action aux biens de consommation courante canadiens. L’Union européenne et plusieurs autres partenaires commerciaux des États-Unis suivent de près cette escalade, alors que Washington a également brandi la menace de droits de douane supplémentaires à l’encontre d’autres pays, dont l’Union européenne. Le décret, qui prévoit une entrée en vigueur dans un délai d’un mois, laisse une fenêtre de négociation à Ottawa, mais les positions semblent pour l’heure irréconciliables. Les marchés financiers nord-américains ont réagi avec prudence à cette annonce.
