La Banque européenne d’investissement (BEI) a accordé à Airbus un prêt de 3 milliards d’euros, un montant inédit pour l’institution. Le financement doit soutenir les activités de recherche et développement du groupe aéronautique dans l’aviation civile, la défense et la sécurité jusqu’en 2030.
Le prêt, annoncé le 29 juin 2026, constitue le plus important jamais accordé par la BEI à une entreprise privée, selon plusieurs médias dont La Tribune, Boursorama et ABC Bourse, qui citent un communiqué de l’institution. Il doit accompagner Airbus dans ses programmes d’innovation sur le long terme, en particulier dans les domaines de la décarbonation de l’aviation et de la recherche-développement.
La BEI, basée à Luxembourg, est l’institution financière de l’Union européenne chargée de financer des projets d’intérêt européen. Elle avait déjà augmenté ses financements dans le secteur de la défense ces derniers mois, dans le cadre de la nouvelle stratégie européenne visant à renforcer l’autonomie militaire du continent. L’institution a quadruplé ses prêts au secteur de la défense depuis 2024, après avoir assoupli ses règles de financement, selon plusieurs sources.
Ce prêt à Airbus couvre à la fois les activités civiles et militaires du groupe. La branche défense d’Airbus, qui comprend les avions de transport militaire A400M et les drones Eurodrone, bénéficiera d’une partie des fonds pour ses programmes de R&D. La division hélicoptères du groupe, également incluse, développe notamment l’H145M destiné aux forces armées européennes. Dans le domaine civil, les recherches porteront sur les nouvelles générations de réacteurs et les carburants durables.
Contacté par l’AFP, Airbus a confirmé que ce prêt servirait à financer ses activités de R&D sur la durée, sans préciser la répartition exacte entre les branches civile et militaire. Le groupe aéronautique, dont le siège social est basé à Toulouse, emploie plus de 130 000 personnes en Europe et a livré 766 appareils en 2025, selon ses résultats annuels.
Ce financement intervient dans un contexte de forte demande pour les avions civils. Airbus affiche un carnet de commandes record, porté par la reprise du trafic aérien mondial et les commandes des compagnies asiatiques et moyen-orientales. Le groupe européen doit également investir dans les futures générations d’appareils, y compris les avions à hydrogène dont le développement est prévu pour la prochaine décennie, ainsi que dans l’électrification des court-courriers.
Dans le même temps, la BEI a également accordé un prêt de 450 millions d’euros à Thales, comme l’a rapporté le quotidien Les Echos en septembre 2025. Ces financements illustrent la volonté de l’Union européenne de soutenir ses champions industriels face à la concurrence américaine et chinoise dans les secteurs stratégiques.
Airbus est en concurrence directe avec l’américain Boeing sur le marché des avions civils, et avec le groupe chinois COMAC sur le segment des moyen-courriers. Le renforcement des capacités de R&D via ce prêt de la BEI vise à préserver la compétitivité du groupe européen à long terme, alors que les investissements chinois et américains dans l’aéronautique s’intensifient.
Ce prêt s’inscrit dans le cadre plus large des efforts européens pour renforcer l’autonomie stratégique du continent dans les secteurs de l’aéronautique et de la défense, un objectif réaffirmé par la Commission européenne. La BEI a assoupli ses règles de financement en 2024 pour pouvoir prêter davantage aux entreprises du secteur de la défense, ouvrant la voie à des opérations de cette ampleur. Selon les nouvelles orientations de l’institution, les investissements dans les technologies à double usage (civil et militaire) sont désormais prioritaires.
Le montant de 3 milliards d’euros représente une part significative des capacités de prêt annuelles de la BEI, qui a alloué environ 90 milliards d’euros de financements en 2025, selon son rapport annuel. Ce prêt à Airbus est l’un des plus importants jamais accordés par l’institution à une entreprise européenne.
