Plus de la moitie des maisons en France sont desormais exposees a un risque eleve de fissures lie au retrait-gonflement des sols argileux (RGA), selon une nouvelle carte d’exposition publiee par le BRGM. Ce phenomene, aggrave par la succession d’episodes de secheresse et de fortes pluies, est qualifie de « drame national » par plusieurs associations de sinistres.
Le Bureau de recherches geologiques et minieres (BRGM) a actualise sa carte nationale d’exposition au retrait-gonflement des argiles, un phenomene geologique qui provoque des mouvements de sol et entraine l’apparition de fissures sur les batiments. Selon cette nouvelle cartographie, plus d’une maison sur deux en France metropolitaine se trouve dans une zone de risque moyen a fort, soit une augmentation significative par rapport aux estimations precedentes.
Un phenomene amplifie par les chocs climatiques
Le retrait-gonflement des argiles se produit lorsque les sols argileux se contractent en periode de secheresse (retrait) puis se rehydratent lors des episodes pluvieux (gonflement). Ces mouvements alternes exercent des contraintes sur les fondations des batiments, provoquant des fissures pouvant aller de simples microfissures esthetiques a des desordres structuraux graves. « Les chiffres ne font qu’empirer », constate le quotidien regional Le Dauphine Libere, citant des donnees qui montrent que le phenomene touche desormais une majorite du territoire.
Les regions les plus concernees sont le Sud-Ouest, le Centre-Val de Loire, la Nouvelle-Aquitaine et une partie de l’Auvergne-Rhone-Alpes, ou la proportion de logements en zone a risque depasse 60 %, selon les donnees consultees aupres du BRGM et rapportees par Franceinfo. L’annee 2026 pourrait etre particulierement catastrophique, alertent les specialistes, en raison de l’alternance d’un printemps pluvieux et d’un debut d’ete marque par des vagues de chaleur intenses.
Des millions de logements concernes
Selon Euronews, qui relaie une alerte de plusieurs associations de sinistres, des millions de logements sont desormais identifies comme vulnerables au phenomene. Le cout des reparations, non couvertes par la garantie catastrophes naturelles dans tous les cas, peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros par habitation. Dans les zones les plus exposees, la valeur immobiliere des biens peut chuter de maniere significative, avec des repercussions sur le marche du logement.
Le gouvernement a annonce de nouvelles aides pour mieux proteger les maisons, rapporte Service Public. Ces mesures incluent un fonds de prevention renforce et des dispositifs d’accompagnement pour les proprietaires souhaitant realiser des travaux de consolidation. Cependant, les associations estiment que ces dispositifs restent insuffisants face a l’ampleur du phenomene.
Une carte d’exposition recalibree
Le BRGM a revise sa methodologie de classement des zones a risque, en integrant les donnees les plus recentes sur l’evolution du climat et la nature des sols. La nouvelle carte, accessible sur le site du ministere de la Transition ecologique, permet aux proprietaires de verifier le niveau d’exposition de leur commune. « Il est devenu indispensable d’anticiper », insiste le bureau d’etudes geologiques, qui recommande des diagnostics preventifs avant toute transaction immobiliere dans les zones classees a risque.
Les associations de sinistres, citees par France 3 Regions, denoncent un « drame national » silencieux et reclament un plan d’urgence pour la prise en charge des milliers de logements deja endommages. La reconnaissance de l’etat de catastrophe naturelle, procedure administrative necessaire pour declencher les indemnisations, reste un parcours semee d’embuches pour de nombreux proprietaires, notamment dans les communes ou les arretes prefectoraux tardent a etre publies.
Le phenomene ne se limite pas aux zones rurales. Des villes moyennes et des quartiers pavillonnaires en peripherie urbaine sont egalement touches. Les proprietaires dont le bien est situe en zone rouge doivent, selon les experts, envisager des etudes de sol avant tout projet de construction ou d’extension. Les notaires recommandent desormais d’inclure systematiquement un diagnostic RGA dans les compromis de vente, afin d’informer les acquereurs des risques potentiels lies au retrait-gonflement des argiles.
