Le John F. Kennedy Center for the Performing Arts de Washington a retiré samedi 13 juin le nom de Donald Trump de sa façade. L’institution culturelle se conforme ainsi à une décision de justice rendue le 29 mai par un tribunal fédéral, qui ordonnait le démontage des lettres métalliques ajoutées en décembre 2025.
L’opération de retrait a eu lieu tôt samedi matin, après qu’une cour d’appel fédérale eut rejeté vendredi soir la demande de suspension déposée par la direction du centre. Des ouvriers ont dressé un échafaudage et tendu une bâche pour masquer les travaux. Les lettres en bronze ont été déposées avant l’aube, selon le constat déposé au tribunal par Matt Floca, directeur exécutif du Kennedy Center.
Une bataille judiciaire de plusieurs semaines
Le 29 mai 2026, le juge fédéral Christopher Cooper avait ordonné le retrait du nom de l’ancien président, estimant que le centre ne pouvait pas être renommé sans l’approbation du Congrès. La direction du Kennedy Center avait fait appel, arguant que le démontage entraînerait des coûts et que des donateurs pourraient exiger le remboursement de leurs contributions.
Vendredi 12 juin, une cour d’appel composée de trois juges, dont Gregory Katsas (nommé par Donald Trump), Patricia Millett et Robert Wilkins (tous deux nommés par Barack Obama), a refusé de suspendre l’exécution de la décision. L’institution a alors dû se conformer avant la date butoir du 13 juin.

Un nom ajouté puis retiré en moins de six mois
Le nom de Donald Trump avait été apposé sur le bâtiment en décembre 2025, après que le président, de retour à la Maison Blanche en janvier 2025, eut remplacé la direction du centre par des alliés et se fut fait nommer président du conseil d’administration. La nouvelle appellation officielle était devenue « The Donald J. Trump and the John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts ».
L’action en justice avait été engagée par Joyce Beatty, élue démocrate de l’Ohio et membre de droit du conseil d’administration, qui contestait la légalité du changement de nom sans vote du Congrès. Vendredi, l’élue a salué une victoire du droit : « L’État de droit a prévalu, et cela mérite d’être célébré. »
Un symbole parmi d’autres chantiers à Washington
Ce retrait intervient alors que Donald Trump mène plusieurs projets de transformation du paysage monumental de la capitale fédérale. Depuis son retour au pouvoir, il a fait démolir l’aile Est de la Maison Blanche pour construire une salle de réception, rénové le Reflecting Pool du Lincoln Memorial et lancé un projet d’arc de triomphe près du cimetière national d’Arlington, en Virginie.
Sur place, une petite foule s’était rassemblée samedi matin pour assister au démontage, malgré les orages qui avaient balayé Washington la veille. Certains spectateurs criaient aux ouvriers de « tout enlever », rapporte l’agence Associated Press. D’autres prenaient des photos du bâtiment rendu à son appellation d’origine : « The John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts ».
Le Kennedy Center, inauguré en 1971 et dédié à la mémoire du président John F. Kennedy, reste toutefois dans une situation incertaine. La programmation au-delà du 28 juin est quasi vide, et les effectifs ont été réduits. La procédure judiciaire se poursuit par ailleurs, une audience en appel pouvant encore modifier le sort du bâtiment dans les mois à venir.
