La Cour supreme du Bresil a condamne mardi 16 juin Eduardo Bolsonaro, fils de l’ancien president Jair Bolsonaro, a quatre ans et deux mois de prison pour coercition. L’ex-depute etait reconnu coupable d’avoir cherche a obtenir l’intervention des Etats-Unis dans le proces de son pere.
Les cinq juges de la formation speciale de la Cour supreme ont vote a l’unanimite pour declarer Eduardo Bolsonaro coupable. Il lui est reproche d’avoir fait pression sur les autorites judiciaires bresiliennes en sollicitant l’aide du gouvernement Trump, notamment par des menaces de sanctions economiques.
Une condamnation pour coercition
Le juge Alexandre de Moraes, qui avait egalement supervise le proces pour tentative de coup d’Etat de Jair Bolsonaro, a declare que la fonction de depute federal d’Eduardo Bolsonaro « n’est pas de faire du lobbying a l’etranger contre son propre pays ».
Le juge Cristiano Zanin a estime que les actions d’Eduardo Bolsonaro constituaient « non pas une simple expression d’opinion ou une position politique, mais un comportement qui menacait clairement les autorites bresiliennes et les citoyens bresiliens eux-memes ».
Eduardo Bolsonaro, qui vit au Texas depuis fevrier 2025, n’a pas commente le verdict. Ses avocats ont conteste la decision, affirmant que les preuves etaient insuffisantes pour le condamner.
Un contexte politique tendu
Jair Bolsonaro purge une peine de vingt-sept ans de prison pour tentative de coup d’Etat, apres avoir cherche a se maintenir au pouvoir en 2022 a la suite de sa defaite electorale face au president Luiz Inacio Lula da Silva.
Eduardo Bolsonaro, troisieme fils de l’ancien chef d’Etat et ancien depute federal, s’etait engage en mars 2025 a s’installer aux Etats-Unis a plein temps pour « liberer son pere ». Les procureurs l’ont accuse d’avoir monte une campagne illegale pour obtenir l’intervention du president Donald Trump.
En juillet 2025, Donald Trump avait impose des droits de douane de 50 % sur certains produits bresiliens, citant le proces de Jair Bolsonaro comme motif. Il avait egalement sanctionne le juge Alexandre de Moraes, le qualifiant de « menace ». Les sanctions ont ete leves en decembre 2025 apres un rapprochement diplomatique.
Un nouveau revers pour la famille Bolsonaro
Cette condamnation constitue le dernier revers judiciaire pour la famille Bolsonaro, qui reste une force politique majeure au Bresil. Le fils aine, Flavio Bolsonaro, est candidat a l’election presidentielle d’octobre 2026 face a Lula.
Selon un sondage CNT/MDA publie le 16 juin, Lula obtiendrait 49,3 % des voix contre 40,2 % pour Flavio Bolsonaro au second tour. La candidature de Flavio est par ailleurs troublee par une enquete ouverte en avril 2026 pour diffamation presumee envers Lula.
La decision de la Cour supreme intervient alors que les relations entre le Bresil et les Etats-Unis se sont normalisees. Lula s’est rendu a la Maison Blanche en mai 2026 et a salue une reunion productive avec Donald Trump.
Une enquete en cours sur Flavio Bolsonaro
Le fils aine de Jair Bolsonaro, Flavio Bolsonaro, candidat a la presidentielle d’octobre, est lui-meme sous le coup d’une enquete ouverte en avril 2026 pour des soupcons de diffamation envers Lula. Des liens avec un banquier discredite font egalement l’objet d’un examen judiciaire.
Par ailleurs, la police a decouvert un pistolet Glock 9 mm au domicile de Jair Bolsonaro a Brasilia, ou il purge une partie de sa peine pour raisons medicales. Le juge Alexandre de Moraes a donne vingt-quatre heures a la defense de l’ancien president pour expliquer la presence de cette arme chez un condamne.
Une affaire aux repercussions internationales
L’affaire Eduardo Bolsonaro illustre les tensions persistantes entre la justice bresilienne et la famille Bolsonaro, qui denonce une persecution politique. La condamnation intervient dans un contexte diplomatique apaisee entre Brasilia et Washington, apres des mois de tensions liees aux sanctions americaines et aux droits de douane imposes par l’administration Trump.
Eduardo Bolsonaro doit maintenant purger sa peine de quatre ans et deux mois de prison. Son maintien aux Etats-Unis pourrait compliquer l’execution de la sentence et soulever des questions diplomatiques entre les deux pays.

