L’Iran a annoncé samedi 20 juin la fermeture du détroit d’Ormuz au trafic maritime, en représailles aux frappes israéliennes meurtrières au Liban. Les négociations entre Téhéran et Washington doivent débuter dimanche 21 juin en Suisse.
Fermeture du détroit stratégique
Le commandement central de l’armée iranienne a qualifié cette mesure de « première réponse à la violation des engagements par l’ennemi », selon un communiqué officiel relayé par l’agence de presse iranienne. Il a menacé de prendre « d’autres mesures » si nécessaire « pour contraindre l’ennemi à respecter ses obligations » contractées dans le protocole d’accord irano-américain signé mercredi 18 juin.
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient « vigilantes ». Selon le Centcom, les traversées du détroit d’Ormuz ont persisté de manière sûre samedi, avec le passage de 55 navires marchands. Le porte-parole du Pentagone a précisé que des navires de guerre américains restaient déployés dans le golfe d’Oman et le golfe Persique pour garantir la liberté de navigation.
Vingt pour cent du trafic pétrolier mondial
L’Iran avait verrouillé cette voie maritime au début de la guerre au Moyen-Orient. Par ce détroit long de 39 kilomètres transitaient auparavant environ 20 % des hydrocarbures mondiaux, soit près de 17 millions de barils par jour. Sa fermeture avait provoqué un emballement des cours du pétrole ainsi que des pénuries dans plusieurs pays dépendants des approvisionnements de la région. Sa réouverture constituait l’un des points clés du protocole d’accord irano-américain paraphé la semaine dernière.
Malgré cette nouvelle fermeture, Téhéran affirme ne pas vouloir rompre les discussions. Les pourparlers en vue d’un accord définitif sur la fin du conflit au Moyen-Orient doivent débuter dimanche en Suisse, dans une ambiance diplomatique tendue.
Pourparlers techniques à Bürgenstock
Les négociations se tiendront à Bürgenstock, près du lac de Lucerne, en présence de représentants du Qatar et du Pakistan, pays médiateurs. Islamabad a confirmé la tenue de ces « pourparlers techniques » dans un communiqué officiel. Le choix de la Suisse comme lieu de médiation s’inscrit dans une tradition diplomatique établie : plusieurs accords entre grandes puissances et pays du Moyen-Orient y ont été négociés ces dernières décennies.
Le vice-président américain, JD Vance, a indiqué que l’émissaire américain Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent déjà en Suisse afin de « gérer certains des éléments techniques de cette négociation ». JD Vance s’attend à partir « dans les prochains jours » pour la Suisse. « C’est toujours un ballet délicat de coordination et de protocoles diplomatiques », a-t-il déclaré samedi à la chaîne Fox News. « Les Qataris et les Pakistanais veulent faire ça de la bonne manière, alors j’essaie d’être respectueux. »
Soixante jours de négociations
Le protocole d’accord prévoit le lancement de tractations d’une durée de soixante jours en vue de parvenir à un accord final. Ces discussions seront centrées sur le programme nucléaire iranien, principal point de discorde entre Téhéran et Washington depuis l’échec du Plan d’action global commun (JCPOA). La levée des sanctions américaines et la reconnaissance des droits nucléaires de l’Iran à des fins civiles figurent parmi les exigences de la délégation iranienne. Washington demande en retour des garanties vérifiables sur l’absence de militarisation du programme nucléaire.
Cette nouvelle phase diplomatique intervient dans un contexte de tensions régionales extrêmes, alors que les frappes israéliennes au Liban se sont intensifiées ces dernières semaines malgré l’accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hezbollah sous médiation américaine et française. Au moins seize personnes ont été tuées vendredi dans des bombardements israéliens sur le sud du Liban, compliquant encore le paysage diplomatique avant l’ouverture des pourparlers en Suisse.
