La vente de carburant dans les stations-service de Crimée a été suspendue dimanche 21 juin, a annoncé le gouverneur de la péninsule occupée par la Russie, Sergueï Aksyonov.
« Aujourd’hui, 21 juin, à partir de 09h00, la vente de carburant dans les stations-service de Crimée a été suspendue », a déclaré le gouverneur installé par Moscou, selon une dépêche de l’agence Belga reprise par La Libre. L’annonce intervient quelques heures après que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a confirmé des attaques ukrainiennes sur des installations logistiques russes dans la péninsule annexée.
Le président ukrainien a évoqué, dimanche, des frappes contre des « infrastructures logistiques » russes en Crimée, selon le direct du Monde. Kiev n’a pas fourni de détail sur les cibles précises ni sur l’étendue des dégâts. Aucun bilan humain n’a été communiqué par les autorités des deux camps.
Une campagne de frappes sur les infrastructures pétrolières
L’armée ukrainienne vise régulièrement, depuis le début de l’année 2024, des raffineries, oléoducs et dépôts pétroliers sur le territoire russe et en Crimée occupée. Cette stratégie vise à priver Moscou des revenus tirés de la vente d’hydrocarbures, qui financent en partie son effort de guerre en Ukraine depuis l’invasion de février 2022.
Selon les données compilées par plusieurs observatoires, plus d’une trentaine d’installations énergétiques russes ont été touchées par des drones ou des missiles ukrainiens au cours des derniers mois. Les autorités russes ont régulièrement minimisé l’impact de ces frappes tout en dénonçant des « actes de terrorisme ». En juin 2026, une raffinerie de la région de Moscou a été endommagée par une attaque de drones, et des dépôts dans le sud de la Russie ont également été pris pour cible.
La Crimée occupe une position stratégique dans ce dispositif. Base de la flotte russe de la mer Noire à Sébastopol, la péninsule sert de plateforme de lancement pour les opérations militaires russes dans le sud de l’Ukraine, notamment dans les régions de Kherson et de Zaporijia. Depuis 2023, l’état-major ukrainien a fait des installations logistiques en Crimée une cible prioritaire de sa campagne de frappes en profondeur.
Une mesure inédite en Crimée occupée
La suspension des ventes de carburant dans les stations-service de l’ensemble de la péninsule constitue une mesure rare, qui témoigne de la pression exercée par les frappes ukrainiennes sur la logistique russe en Crimée. La péninsule, annexée par la Russie en 2014, sert de base arrière aux forces russes opérant dans le sud de l’Ukraine. Environ 2,4 millions de personnes y résident, selon les estimations russes.
Aucune indication n’a été donnée sur la durée de la suspension, ni sur les volumes de carburant concernés. Les habitants de la péninsule ont été invités à « prendre leurs dispositions » en attendant un retour à la normale, selon la déclaration du gouverneur. Les stations-service de Simferopol, la capitale administrative de la Crimée, et des principales villes côtières comme Yalta et Sébastopol sont concernées par la mesure.
La Crimée, reliée à la Russie par le pont de Kertch, dépend largement des approvisionnements en carburant acheminés depuis le territoire russe. Les frappes ukrainiennes sur les infrastructures de transport et de stockage compliquent cette logistique. Le pont de Kertch, long de 19 kilomètres et inauguré en 2018, a déjà été visé à plusieurs reprises par des attaques ukrainiennes depuis le début de la guerre.
Depuis le début de l’invasion russe, les forces ukrainiennes ont progressivement étendu la portée de leurs frappes, passant de cibles situées près de la ligne de front à des infrastructures situées à plusieurs centaines de kilomètres à l’intérieur du territoire contrôlé par Moscou. La Crimée, située à portée des drones et missiles ukrainiens, est devenue l’un des théâtres de cette guerre de l’ombre menée contre la logistique russe.
