La Bolivie voit la circulation reprendre progressivement après l’entrée en vigueur de l’état d’exception décrété par le président Rodrigo Paz. La police et l’armée ont été déployées pour lever des barrages routiers, tandis que des foyers de tension persistent dans le département de Cochabamba.
Le sujet a été signalé lundi 22 juin 2026 par Le Monde, qui indique que le pouvoir parvient à lever progressivement les barrages. L’AFP, reprise par Boursorama, rapporte le même jour que la circulation reprend sur une grande partie du pays après le déploiement des forces de sécurité. La Croix avait rapporté, le 20 juin, que Rodrigo Paz avait décrété l’état d’exception sur l’ensemble du territoire national après plus de six semaines de protestations et de blocages routiers.
Le mouvement a provoqué des perturbations dans plusieurs villes. La Croix et l’AFP font état de pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant, notamment à La Paz et à El Alto. Selon l’AFP, des camions transportant de l’essence et du diesel ont recommencé à rejoindre ces deux villes après le dégagement de routes sur l’Altiplano.
Un état d’exception décrété après des semaines de blocages
Rodrigo Paz a justifié la mesure par l’épuisement des discussions avec les secteurs mobilisés. La Croix rapporte qu’un accord avait été conclu avec la Centrale ouvrière bolivienne, la COB, qui avait annoncé la levée de ses mesures de pression. Cette centrale syndicale était à l’origine du mouvement lancé début mai contre la politique du gouvernement.
« À partir de maintenant, les mesures de pression sont levées au niveau national », a déclaré Mario Argollo, dirigeant de la COB, cité par La Croix.
Le chef de l’Etat a aussi ordonné à la police et aux forces armées de rétablir la libre circulation, selon La Croix. L’AFP précise que le nombre de barrages routiers est passé de 50 à 12 au cours du week-end, après avoir atteint une centaine au plus fort de la crise. Ce chiffre, fourni par l’AFP, décrit l’évolution observée au moment de la reprise progressive du trafic.
Cochabamba reste le principal foyer de tension
La reprise n’est pas uniforme. Selon l’AFP, les derniers foyers de résistance se situent dans le département de Cochabamba, dans le centre du pays. Plusieurs barrages y affectent des axes reliant l’ouest de la Bolivie à la région de Santa Cruz, principal centre agricole national. Des groupes paysans et des cultivateurs de coca liés à l’ancien président Evo Morales ont rejeté l’accord avec le gouvernement, selon La Croix et l’AFP.
L’AFP fait état de premiers affrontements dimanche dans la localité de Llavini. Selon un collaborateur de l’agence cité par Boursorama, la police a tiré des gaz lacrymogènes tandis que des paysans répondaient par des jets de pierres et de cartouches de dynamite depuis des collines proches de la route. Cette séquence est attribuée à l’AFP et n’est pas présentée comme un bilan officiel indépendant.
Une crise sociale sur fond de tensions économiques
La Croix décrit une contestation née dans un contexte de crise économique profonde. Le mouvement lancé par la COB a ensuite été rejoint par des paysans, des ouvriers d’usines et des mineurs. Les revendications portaient notamment sur les réponses du gouvernement à la situation économique et sur le refus de certaines réformes.
Selon La Croix, l’accord signé avec la COB prévoit notamment l’engagement du gouvernement à ne pas privatiser les entreprises publiques. Des groupes de travail doivent aussi examiner plusieurs revendications, dont le sort de personnes interpellées pendant les affrontements. Le Défenseur du peuple, cité par La Croix, fait état de plus d’une centaine d’arrestations depuis le début de la contestation.
Le pouvoir bolivien cherche désormais à rétablir les axes de circulation tout en maintenant l’accord conclu avec la principale centrale syndicale. La situation reste suivie dans le Chapare et à Cochabamba, où les groupes opposés au compromis continuent de contester la décision du gouvernement.
